Tribune Libre

Congo-Rwanda : l'autre génocide impuni

LEMONDE.FR | 30.09.10 | 09h07  •  Mis à jour le 01.10.10 | 09h25

Vincent Courcelle-Labrousse, avocat au Barreau de Paris

L'horreur du génocide des Tutsis du Rwanda par les Hutus en 1994 continue de neutraliser tout inventaire supplémentaire de l'apocalypse qui a frappé l'Afrique des Grands Lacs à l'orée du XXIe siècle. A tel point que l'élimination en 1996-1997, cette fois-ci, de centaines de milliers d'Hutus par l'armée tutsie du général Kagamé reste un crime politiquement incorrect qu'il demeure délicat d'évoquer, sous peine de se voir taxer des intentions les plus

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RDC: des victimes de violences sexuelles parlent

Un panel mis sur pied par les Nations Unies a entamé, jeudi, l'audition des victimes des violences sexuelles en RDC. Le panel se rendra dans plusieurs provinces du pays.

Cette mission onusienne vise à améliorer la prise en charge et le soutien apportés aux victimes de violences sexuelles. Elle procédera à une centaine d'auditions en 10 jours.

L'avis des victimes sera recueilli sur les différents services mis à leur disposition: aide psychologique, médicale et

 

220 ONG congolaises accueillent avec une grande satisfaction l’annonce de la publication prochaine du rapport des Nations Unies

LES ORGANISATIONS DE DEFENSE DES DROITS HUMAINS DE LA RDC SOUTIENNENT L’EFFORT DE L’ONU DE REHABILITER LA MEMOIRE COLLECTIVE CONGOLAISE ET INVITENT LE GOUVERNEMENT A SAISIR L’OCCASION POUR UNE RECONCILIATION SINCERE.

 
Kinshasa, Le 03 Septembre 2010
 
L’Onu doit endosser et publier le rapport concernant les violations les plus graves des Droits humains et du Droit international humanitaire commises entre mars 1993 et juin 2003 en RDC.
 
220 ONG congolaises de défense et de promotion des Droits humains accueillent avec une grande satisfaction l’annonce de la publication prochaine du rapport  des Nations Unies détaillant « les plus graves violations des Droits humains et du Droit international humanitaire commises sur l’étendu du territoire de la RDC entre 1993 et 2003 ». Les organisations congolaises, dont nombreuses ont collaboré avec l’équipe d’enquête des Nations Unies, saluent le sérieux avec lequel ces enquêtes ont été menées et le professionalisme qui a guidé la méthodologie des investigations du « Projet Mapping » des Nations Unies. Elles invitent donc le gouvernement de la République Démocratique du Congo (RDC) et ceux des  pays de la région concernés par les faits cités dans le rapport, en particulier le Rwanda, l’Ouganda, l’Angola et le Burundi, à saisir cette opportunité pour reconnaitre les souffrances atroces et l’injustice imposées à la grande majorité de la population congolaise et d’autres victimes des actes criminels et des violations massives des droits humains détaillées dans ledit rapport.
 
« Nous pensons qu’il soit important de donner justice aux victimes enfouies dans les nombreuses fosses communes découvertes par les enquêteurs de l’ONU dans différentes provinces dont le Maniema, Sud-Kivu, Nord-Kivu, la Province-Orientale et l’Equateur ; ces victimes semblent avoir été visées non pas pour ce qu’elles auraient fait, mais pour ce qu’elles étaient : des personnes appartenant à la communauté Hutu rwandaise ou congolaise », a dit Dismas Kitenge, Directeur Exécutif du groupe Lotus basé à Kisangani.
 
Les ONG sont également révoltées par le traumatisme collectif qui continue à gangréner les survivants de l’épuration ethnique pratiquée au début des années 1990 dans la province du Katanga, et considèrent que la publication de ce rapport constitue une opportunité de faire enfin la lumière sur cette page parmi les plus honteuses de l’histoire de la RDC et donner justice aux victimes. 
 
L’avocat Georges Kapiamba, Vice-président de l’Asadho basée à Kinshasa, commente : « L’endossement de ce rapport très détaillé de plus de 540 pages est justifié du fait qu’en plus de corroborer beaucoup de nos propres enquêtes, il répond a notre plaidoyer fait pendant longtemps pour le rétablissement de l’équilibre moral dans la société congolaise sur la base des idéaux nobles de justice, d’équité, de paix, de fraternité et de solidarité nationale tels que définis dans la constitution du 18 février 2006, en faveur de tout congolais et tout être humain vivant en RDC». Sur le même ton, Emmanuel Umpula, Directeur Exécutif de l’Action Contre l’Impunité pour les Droits Humains, a quant à lui déclaré depuis Lubumbashi que « l’endossement de ce rapport de l’ONU permettra à la RDC de développer ses propres mécanismes de réconciliation nationale et des poursuites judiciaires contre des auteurs des crimes graves ainsi identifiés, en particulier contre ceux des auteurs qui continuent à abuser des positions politiques au sein de l’Etat  congolais ».
 
En conclusion les ONG soutiennent la mise sur pied:
 
Des nouvelles politiques générales de justice qui s’appuierait sur la création des mécanismes divers et complémentaires, judiciaires et non judiciaires ;
 
Des mesures d’assainissement d’institutions publiques qui écarteraient de la gestion aux fins des poursuites des personnalités comme général Bosco Tanganda et général John Numbi accusés des graves atteintes ou attaques contre les défenseurs des Droits humains;
 
Des mécanismes appropriés pour assurer la justice et faire la lumière sur les crimes et violations massives des Droits humains dénoncés dans le rapport, y compris : (i) la création d'une juridiction spéciale ou de chambres spécialisées au sein des cours et tribunaux congolais; (ii) la création d'une nouvelle Commission Vérité et Réconciliation; (iii) la mise sur pieddes programmes de réparation en faveur des victimes; et (iv) les réformes profondes et réelles de tout le secteur de sécurité (armée, police et justice).
 
D’un mécanisme régional de réconciliation des peuples des pays des Grands lacs africains qui accélérait le libre mouvement de la population de la région, la facilitation du commerce transfrontalier, le renforcement de la coopération judiciaire, la démilitarisation des services publics aux frontières.
 
Signataires :
    1. ABEIP, Association pour le Bien Etre Intégral de la Population, Bas-Congo
    2. ACADHOSHA - Action des Chrétiens Activistes des Droits de l’Homme, Sud-Kivu
    3. ACAT, Action des Chrétiens pour L'abolition De La Torture, Kasaï-Oriental
    4. ACET, Aids Care Education Training, Kinshasa
    5. ACIDH, Action contre l’impunité pour les droits humains, Katanga
    6. ACPROD-BATWA - Action Communautaire pour la Promotion des Défavorisés Batwa, Nord-Kivu
    7. APC, Action Philanthropique du Congo Kinshasa
    8. ADEF, Avocats pour les Droits des Femmes et des Enfants défavorisés, Sud-Kivu
    9. ADEOJD, Assistance pour le Développement des Orphelins et des Jeunes Désœuvrés, Bas-Congo
    10. ADEV, Actions pour le Développement et la Vie, Bas-Congo
    11. ADH, Ami De l'Humanité
    12. AEMAPRI - Association des Exploitants Miniers Artisanaux pour la Pacification, Province-Orientale
    13. AFC - Action Féminine Chrétienne, Kinshasa
    14. AFD - Alliance Féminine pour le Développement
    15. AFEJUCO, Association des Femmes Juriste au Congo, Sud-Kivu
    16. AFESD, Association de Femmes pour l’Education a la Sante et au Développement, Kinshasa
    17. AFPDC, Action Féminine pour la Paix et le Développement Communautaire, Kasaï-Occidental
    18. AGPSP, Actions Globales pour la Promotion Sociale et la Paix
    19. AIDC, Agriculture Intégrée pour le Développement Communautaire, Kinshasa
    20. AIDDH, Association Internationale pour la Défense des Droits Humains, Bas-Congo
    21. AJDEF, Association des Juristes pour les Droits des Enfants et des Femmes, Kinshasa
    22. AJFMA - Association des Jeunes Femmes du Maniema
    23. AJPDH, Association des Journalistes pour les Droits humains, Kinshasa
    24. AJPR - Action pour la Justice, la Paix et la Réconciliation, Kinshasa
    25. AJULS, Association des Jeunes Unis pour la Lutte contre le SIDA, Bas-Congo
    26. AM - Association Mwanga, Sud-Kivu
    27. AMAPOGU - Association pour la promotion de Gungu, Province-Orientale
    28. Ambassade Chrétien pour la Paix, Bas-Congo
    29. AMI-KIVU
    30. Amis de la prison de Mbuji-Mayi, Kasaï-Oriental
    31. ANCD, Association Nationale des Chirurgiens Dentistes section du Bas-Congo
    32. ANMDH, Amis de Nelson Mandela pour les Droits humains, Kinshasa
    33. APANIVIP, Action de Promotion et d'Assistance pour l'Amélioration du Niveau de Vie de la Population, Kinshasa
    34. APDFE, Action pour la Protection des Droits de la Femme et de l'Enfant
    35. APEE, Actions pour la Protection et l'Encadrement de l'Enfant
    36. APEMA, Action Pour La Promotion De l'Education Des Masses par les Medias, Kinshasa
    37. APRODEF - Association de développement des initiatives féminines, Kinshasa
    38. APRODEJ, Association pour la Promotion et le Développement de la Jeunesse, Bas-Congo
    39. APROHU - Association pour la Promotion Humaine, Kinshasa
    40. ASADHO, Association Africaine de Défense des Droits de l’Homme, Kinshasa
    41. ASDV, Action de Solidarité pour le Droit a la Vie, Equateur
    42. ASPD, Action Sociale pour la Paix et le Développement, Bas-Congo
    43. ASVOCO, Association des Volontaires du Congo, Kinshasa
    44. AVEMA - Association des Volontaires pour la promotion et la protection de Matadi, Bas-Congo
    45. AVRA, Association pour les Victimes de la Répression en Afrique, Maniema
    46. BATISSONS LA RDC, Kinshasa
    47. Bureau de Developpement Communautaire/ CBCA, Kinshasa
    48. CAAPMV Centre d’Accompagnement des Autochtones Pygmées et Minoritaires Vulnérables, Sud-Kivu
    49. CADHO, Centre Chrétien d'Actions aux Droits de l'Homme
    50. CADI, Sud Kivu
    51. CAFED, Collectif des Associations des Femmes Pour le Développement
    52. CAGL - Centre d’Appui à la Gouvernance Locale
    53. CAJD, Coordination d'Assistance Judiciaire aux Démunis, Equateur
    54. Cause Rurale, Bandundu
    55. CDH, Centre des Droits de l’Homme et du Droit International Humanitaire, Katanga
    56. CDJP, Commission Justice Et Paix, Sud-Kivu
    57. CEADI, Centre d'Encadrement des Actions pour le Développement Intégré,
    58. CEDER, Centre de Développement Rural, Bas-Congo
    59. CEDI, Centre d’Etudes pour le Développement Intégré, Kasaï-Oriental
    60. CEDI, Centre d’Etudes pour le Développement Intégré, Sud Kivu
    61. CEFIDE, Centre de Formation Intégrale et Développement, Kasaï-Oriental
    62. CEFOP, Centre d'études et de formation populaire, Kasaï-Oriental
    63. CEJA, Centre d’Etudes Juridiques Appliquées, Nord-Kivu
    64. CEJF, Centre d'Ecoute de la Jeune Fille, Sud-Kivu
    65. CENADEP, Centre National d’Appui au Développement et à la Participation, Kinshasa
    66. Centre Olame, Sud-Kivu
    67. CEPECO, Centre pour la Promotion et l’Education des Communautés de Base, Bas-Congo
    68. CEPROSCAP, Centre pour la Promotion Sanitaire, Civique et Agropastorale, Kasaï-Occidental
    69. CEPROSSAN, Le Centre de Promotion Socio Sanitaire
    70. CERAJED, Centre de récupération et d’appui aux jeunes désœuvrés, Bas-Congo
    71. CERDF, Centre d’éducation et de recherche pour les droits des femmes,
    72. CERK - Comité d'Enfant de la Rue de Kikwit, Bandundu
    73. CFRD, Collectif de Femmes Rurales pour le Développement, Bandundu
    74. CIPJ, Centre International pour La Promotion de La Jeunesse, Kasaï-Oriental
    75. CJP, Commission Justice et Paix, Kinshasa, Kinshasa
    76. CJT, Coalition pour la justice transitionnelle, Sud-Kivu
    77. CLAT, Comite de Lutte Anti-Tracasserie, Equateur
    78. CNEE, Conseil National d’Ethique et Elections, Kinshasa
    79. CNONGD, Conseil National des Organisation Non Gouvernementales, Kinshasa
    80. CODESCI, Collectif des ONG pour le développement socioculturel intégral, Kasaï-Oriental
    81. CODOVEMA - Conseil de défense des Droits des Orphelins et des veuves
    82. COJESKI, Collectif des Organisations des Jeunes Solidaires au Congo, Kinshasa
    83. COJESKI, Collectif des Organisations des Jeunes Solidaires au Congo, Nord-Kivu
    84. COJESKI, Collectif des organisations des jeunes solidaire du Congo Kinshasa
    85. CONADHI, Conseil National de Droits de L'homme en Islam, Equateur
    86. Coordination Société civile du Maniema, Maniema
    87. COPARE, Sud Kivu
    88. COSCCET, Comité de Suivi pour la Contribution des Communautés et Eglises à la Transformation Humaine, Katanga
    89. COSSEP, Conseil Syndical des Services Publiques, Kinshasa
    90. COVER-CONGO - Collectif des Volontaires Engagés pour la Renaissance du Congo
    91. CPA, Club de la Presse Association
    92. CPDH-PHRC Centre pour la Paix et les Droits de l'Homme - Peace and Human Rights Center
    93. CPVI, Centre pour la Promotion et la Vulgarisation de l'Informatique au Congo
    94. CRAC, Cercles de Réflexion et d'Action pour le Changement, Kinshasa
    95. CRAF/Sud-Kivu
    96. CRAFOD, Centre Régional de Formation et de Développement, Bas-Congo
    97. CRAIP/COGESCO, Centre des Recherches d’Appui aux Initiatives de Paix, Katanga
    98. CREDDHO, Centre de Recherche sur l'Environnement, la Démocratie et les Droits de l'Homme, Nord-Kivu
    99. CUJ, Conseil Urbain de la Jeunesse, Bas-Congo
    100. DFDD, Dynamique de la Femme pour la Défense de ses Droits, Kinshasa
    101. DYSOCIV, Dynamique de la Société Civile Congolaise, Kinshasa
    102. ECJ, Equipe des Cadres Jeunes, Kinshasa
    103. EFIM, Encadrement des Femmes Indigènes et des Femmes Vulnérables
    104. EPT, Espoir Pour Tous
    105. ERND Institut - Environnement, Ressources Naturelles et Développement,
    106. ESDHIB, Equipe de Soutien au Développement Intégral de l’Equateur
    107. ESPACE FEMME, Bas-Congo
    108. Essaim Bunia, Province-Orientale
    109. Eveil de la Femme, Kinshasa
    110. FAAM, Fédération des artistes et artisanats de Matadi, Bas-Congo
    111. FADIC - Femme en Action pour le Développement Intégré au Congo, Kinshasa
    112. FAEMR - Foyer d’Assistance aux Enfants en Milieu Rural
    113. FDBG, Forum pour la Démocratie et la Bonne Gouvernance, Kinshasa
    114. FECO, Femmes de la Confédération des Petites et Moyennes Entreprises du Congo
    115. FEJUCO, Association des Femmes Juristes du Congo, Bas-Congo
    116. Focus Femmes
    117. FOMASI, Forum pour les Masses Silencieuses, Province-Orientale
    118. Fondation Mère et Enfant
    119. FORCAP, Maniema
    120. FORESCO, Fonds de Ressortissants social du Congo, Bas-Congo
    121. FORFEM, Forum des Femmes Ménagères, Kinshasa
    122. FOSIMAT, Forum SIDA/ Matadi, Bas-Congo
    123. FOSYCO, Forces Syndicales du Congo, Kinshasa
    124. FPV, Femme pour les Personnes Vulnérables, Bas-Congo
    125. FUJP, Fédération Urbaine de la Jeunesse Protestante, Kinshasa
    126. GAERN, Groupe d’Appui aux Exploitants des Ressources Naturelles, Kasaï-Oriental
    127. GANVE, Groupe d’Action Non-violence Evangélique, Katanga
    128. GEAD, Groupe d'Etudes Et d'Actions Pour Un Développement Bien Défini,
    129. Groupe AMOS, Kinshasa
    130. Groupe Jérémie, Kinshasa
    131. Groupe Justice et Libération, Province-Orientale
    132. Groupe Lotus, Province-Orientale
    133. Groupe LUFALANGA, Province-Orientale
    134. HBM, Haki Za Binadamu, Maniema
    135. HJ, Héritiers de la Justice, Sud-Kivu
    136. ICJP, Initiative congolaise pour la justice et la paix, Sud-Kivu
    137. IFED, Initiative Femme Enfant et Développement
    138. IFEM, Initiative des Femmes, Jeunesse du Monde
    139. Interaction, Bas-Congo
    140. ISC, Institut Supérieur de Commerce, Bas-Congo
    141. JA, Jeunesse Avertie, Kinshasa
    142. JADISIDA, Jeunesse Active pour le Développement Intégré et lute contre le SIDA
    143. JDG, Jeunesse Démocratie et Gouvernance, Kinshasa
    144. JED, Journaliste en Danger, Kinshasa
    145. JS, Justice et Solidarité, Equateur
    146. JURAC, Juristes en Action, Bas-Congo
    147. Justice Plus, Province-Orientale
    148. Kermesse Culturel de Kikolombo, Bandudu
    149. KM - Kindu Maendelo, Maniema
    150. LABKM, Ligue des Avocates du Barreau Kinshasa Matete, Kinshasa
    151. Le Savoir, Kinshasa
    152. LE, Ligue des Electeurs, Kinshasa
    153. LIDEPROV/LDH, Ligue Congolaise pour la Défense, la Promotion et la Vulgarisation des lois et des Droits Humains en Milieu Rural,
    154. LIPE, Ligue pour la protection de l’Enfant, Bas-Congo
    155. LJCAP, Ligues de Jeunes Chrétiens Africains Pour la Paix , Kinshasa
    156. MALI - Maniema Libertés, Maniema
    157. MIDIBAM, Midimu ya Bamamu, Kasai-Oriental
    158. NDS, Nouvelle Dynamique Syndicale, Katanga
    159. NSCC, Nouvelle Société Civile du Congo, Kinshasa
    160. OCDH, Observatoire des Droits de l’Homme, Kinshasa
    161. OCEAN, Organisation pour la Conservation de l’écologie et des amis de la nature, Province-Orientale
    162. OCET - Œuvre Communautaire pour l’Education pour Tous
    163. OCICO, Organisation des Cinéastes Congolais, Kinshasa
    164. ODECOLA/N, Organisation pour la Défense des Droits Des Communautés Locales et Peuples Autochtones/ Nationale, Kasaï-Occidental
    165. OEJD, Organisation pour l’Encadrement de Jeunes Désœuvrés, Kinshasa
    166. OGIP, Sud Kivu
    167. OGP - Observatoire Gouvernance et Paix,
    168. OLPA, Observatoire de la Presse en Afrique
    169. OPDH, Observatoire Paix et Droits de l'Homme
    170. PACIDEV, Pacifique Développement, Bas-Congo
    171. PAL, Nord-Kivu
    172. Parlons Sida, Province-Orientale
    173. PDH, Promotion de la Démocratie et Protection des Droits Humains, Nord-Kivu
    174. PRODES, Sud-Kivu
    175. PROMESTRA - Promotion de la Médecine Sans Transfusion
    176. PROPEAD, Nord-Kivu
    177. PSD, Prévention Service Disease, Bas-Congo
    178. PVH, Protégeons la Vie Humaine, Equateur
    179. Qualitatis, Kinshasa
    180. RAF, Réseau Action Femme, Kinshasa
    181. RAJECOPOD, Réseau des Jeunes et Adolescents en Population et Développement, Bas-congo
    182. RASADHO, Rencontre d'Action pour les Droits Humains et la Sante
    183. RCP, Réseau Communautaire de Protection de l’Equateur
    184. RCPDH, Réseau Congolais pour la Protection des Défenseurs des Droits
    185. RDFB, Reveil et Dynamique de Femmes à la Base, Kinshasa
    186. RECAAL, Réseau Congolais d'Actions sur les Armes Légères et le Petit Calibre
    187. RECIC/National, Réseau d’Education Civique au Congo, Kinshasa
    188. RENADHOC, Réseau National des ONG des Droits Humains au Congo, Kinshasa
    189. RFPA, Regroupement des Femmes pour la promotion de l’Agriculture au Bas-Congo
    190. RJD, Rassemblement des Jeunes pour Le Développement, Kinshasa
    191. RJF, Réseau de Journalistes Formateurs, Kinshasa
    192. RODHECIC, Réseau d’Organisation des Droit Humains et d’Education Civique d’Inspiration Chrétienne, Kinshasa (77 ONG)
    193. RODHECIP, Réseau d'Organisations des Droits Humains, d'Education Civique et de Paix
    194. SAJ, Synergie pour l’Assistance Judiciaire aux Victimes de Violations des Droits Humains au Nord-Kivu
    195. SAMS, Sud-Kivu
    196. SARCAF, Sud-Kivu
    197. SDDH, Solidarité pour la Défense des Droits Humains, Province-Orientale
    198. SFP, Service for Peace, Bas-Congo
    199. SFVS, Synergie des femmes pour les victimes des violences sexuelles
    200. SIDE, Nord-Kivu
    201. SOFEPADI, Solidarité Féminine pour la Paix et le Développement Intégral, Nord-Kivu
    202. SOPROP, Solidarité pour la Promotion sociale et la Paix
    203. SOVIP, Solidarité avec les Victimes et pour la Paix
    204. SOYAPRO Mbongwana,
    205. SYCKAS, Syndicat de Trésor du diamant du Kasaï, Kasaï-Oriental
    206. Terre Notre Patrimoine
    207. Tuzolana Assistance , Kinshasa
    208. UAID, Union d'Actions pour les Initiatives de Développement
    209. UFM, Union de Femmes Managers, Kinshasa
    210. UJE, Union de Jeunes Entrepreneurs, Kinshasa
    211. UJRE, Union de Jeunes Rénové, Bas-Congo
    212. UNADIC, Union pour l’Action et le Développement Intégral de la Communauté du Bas-Congo
    213. UNAF, Union Nationale des Femmes section du Bas-Congo
    214. UNAFED, Union des Associations des Femmes pour Le Développement
    215. UNAPADEC, Unité des Association pour le Développement du Congo, Bas-
    216. UWAKI/NK, Umoja Wa Vikundi Vya Wanawake Wa Kulima Wa Kivu Ya Kaskazini, Sud-Kivu
    217. VGL, Vision Grands Lacs, Nord-Kivu
    218. Voix des opprimés
    219. VSB, Voix Sans Bouche, Equateur
    220. VSV, Voix des Sans Voix pour les Droits Humains, Kinshasa

 

Elections de 2011-2013: la pré-campagne fait déjà des victimes

Le Phare - 3 septembre 2010

Gilbert K

La Commission Electorale Indépendante (CEI) a sorti, il y a un mois, le calendrier électoral devant ordonnancer les prochains scrutins présidentiel, législatifs, sénatoriaux, urbains, municipaux et locaux, entre 2011 et 2013. A cette occasion, un communiqué émanant du ministère de la Communication et des Médias a mis en garde les professionnels de la politique comme ceux des médias contre le lancement de la pré-campagne électorale.

Sur le terrain cependant, tout se passe comme si la campagne électorale est déjà ouverte. Ministres, députés nationaux et provinciaux, sénateurs, gouverneurs de province, chefs des partis et regroupements politiques s’investissent à corps perdus dans des réunions politiques au cours desquelles ils exhortent leurs « bases » à leur apporter le maximum des voix dans les urnes. En guise de mise en condition, ils distribuent argent, boissons, pagnes, polos, savons, huile, sucre, sel, médicaments, vélos. Des fonds sont débloqués illico presto pour jeter des ponts de fortune sur des rivières, à Kinshasa comme en provinces, équiper des écoles en bancs, payer les factures des malades insolvables dans les hôpitaux, aménager des bornes-fontaines, doter des clubs de football et d’arts martiaux de vareuses, ballons, kimono, tatami, etc. Qui a dit que la campagne électorale n’a pas commencé ?

Mende, Lutundula, Kamitatu, Kin-Kiey, Luandanda, Kashala, Kiakwama…

En République Démocratique du Congo, le droit à la contradiction a du mal à prospérer. Depuis quelques semaines en effet, la campagne électorale, qui ne dit pas son fond, se déroule dans un climat d’inquiétante intolérance politique. Au mois de mars 2010, une affaire de Jeeps mal distribuées dans la zone de santé du Sankuru, au Kasaï Oriental, avait tourné à une « guerre » fratricide entre Tetela de la savane et Tetela de la forêt, avec à la clef des cas d’incendie des maisons à Lodja, Lomela, Katako-Kombe, Wembonyama, Kole...

Selon un rapport circonstancié du Conseil de sécurité de la province, ce déferlement de violences était attisé par des partisans du ministre Lambert Mende et ceux du député national Christophe Lutundula. L’un et l’autre se donneraient des coups en-dessous de la ceinture pour le contrôle électoral de leur terroir.

A Masi-Manimba et à Kikwit, l’ARC (Alliance pour le Renouveau du Congo) d’Olivier Kamitatu et le P.A. (Parti d’Action) de Tryphon Kin-Kiey Mulumba sont sur le pied de guerre. Les échauffourées entre leurs cadres et militants respectifs ne se comptent plus. Naturellement, les deux camps se rejettent la responsabilité dans ces actes de violence et de haine qui n’honorent pas la démocratie.

Le dimanche 15 août, le village de Luandanda, près de Kananga, au Kasaï Occidental, a été le théâtre d’affrontements sanglants entre des policiers de la garde rapprochée du gouverneur Trésor Kapuku et des villageois opposés à l’arrestation du chef coutumier Luandanda. Un mort et des blessés graves ont été enregistrés sur le « champ de bataille ». Renseignements pris, il s’avère que ces tristes événements ont un rapport étroit avec la guerre de positionnement que se livrent le gouverneur Kapuku et des acteurs politiques originaires du territoire de Demba, où se trouve le village Luandanda.

La semaine dernière, plusieurs rédactions de Kinshasa ont accueilli dans leurs boîtes électroniques un communiqué de l’UREC (Union pour la Reconstruction du Congo) faisant état de la traque dont serait l’objet sa Secrétaire générale, Marie-José Kimpiobi, de la part des « services spéciaux ». Pour le parti d’Oscar Kashala, pareille situation constitue un très mauvais signal pour la prochaine campagne électorale et rappelle « l’expérience malheureuse des arrestations, des intimidations, des accusations mensongères de faux complots des mercenaires, des menaces et abus lors de la campagne de 2006 » connue par son leader.

Il y a 48 heures, c’est le député national Gilbert Kiakwama, qui a arrosé les téléphones portables des journalistes et acteurs politiques d’un texto très alarmant. L’homme se plaignait du torpillage de la conférence qu’il avait commencé à donner dans un site fermé de la ville de Boma et de la mise à sac des chaises par des militants d’un parti politique bien connu du coin. Ainsi, son plan de contacts avec la « base » du Bas-Congo, de Moanda à Kasangulu, dans le cadre de ses vacances parlementaires, se trouve complètement faussé.

Le ministère de l’Intérieur interpellé

Il y a une dynamique que personne ne peut plus arrêter : c’est la fièvre électorale qui s’est emparée de tous les états-majors politiques, au niveau de la majorité au pouvoir et de l’opposition parlementaire. C’est la gué-guerre entre personnalités politiques, non pas sur base de leur appartenance politique mais plutôt de leurs circonscriptions électorales. Un politicien qui estime être le maître dans un district ou un territoire n’accepte pas la présence de la concurrence. Et tout est fait pour mettre le prétendant K.O. avant la sortie de la loi électorale.

Les patriotes en appellent à une réaction urgente du ministère de l’Intérieur pour la mise sur pied d’un dispositif sécuritaire de nature à gérer les dérapages qui s’annoncent un peu partout. Le sang a déjà coulé au Sankuru, à Luandanda, à Kikwit et à Masi-Manimba.

D’aucuns pensent que des consignes strictes devraient être données aux responsables de la territoriale et de la police pour anticiper et combattre l’intolérance politique.

S’il est vrai que la campagne électorale n’a pas encore été officiellement lancée, l’on devrait alors interdire formellement des actes de tricherie que l’on observe tous les jours à travers le pays. Dans le cas contraire, que le droit à la parole et la contradiction soit accordé à tous ceux qui veulent s’exprimer en prévision des élections de 2011. Au fait, ce ne serait pas une mauvaise chose que des politiciens organisent des « universités », des congrès, des conclaves, des conférences-débats, des séminaires idéologiques, en ciblant clairement les rendez-vous électoraux à venir. Ce qui ne serait pas correct, c’est que le silence soit imposé aux uns, pendant que d’autres échangent chaque jour avec leurs « bases ».

2010 DÉFIS POUR 2010 :
ANNÉE INTERNATIONALE DE LA BIODIVERSITÉ
EN R.D. CONGO

Nous voici déjà au mois d’août 2010. Dès le début de cette année, tous les pays signataires de la Convention sur la diversité biologique (CDB) ont inauguré des plans d’action et des programmes de sensibilisation sur les nombreux aspects de la biodiversité. La République  Démocratique du Congo n’a pas manqué cette occasion, plusieurs événements ont eu lieu dont le plus important et le plus remarquable demeure l’expédition scientifique pour l’étude de la biodiversité sur le cours moyen du fleuve Congo, de Kisangani à Kinshasa.

Organisée grâce au financement du service de la Coopération belge au Développement par l’Africamuseum de Tervuren en Belgique (ex-Musée Royal de l’Afrique Centrale, en sigle MRAC), l’Institut royal des Sciences Naturelles de Belgique (en sigle ISNB) à Bruxelles, le Jardin Botanique  National de Belgique et l’Université de Kisangani, cette expédition a réuni de nombreux scientifiques belges, français et congolais pour réévaluer la biodiversité dans cette partie de la République Démocratique du Congo. Malgré les nombreuses difficultés rencontrées dont notamment la présence des «pirates» sur un bief navigable du fleuve Congo, cette expédition s’attend déjà à faire de nombreuses découvertes scientifiques dans le domaine de la faune et de la flore.

On peut aussi signaler depuis bientôt 4 ans, une série de missions effectuées dans le cadre du Projet Congo du Département d’Ichtyologie de l’American Museum of Natural History de New York/USA  à laquelle ont participé les chercheurs de l’Université Marien Ngouabi de Brazzaville en République du Congo et ceux de l’Université de Kinshasa en République Démocratique du Congo en vue d’étudier la diversité biologique des poissons du Bas-Congo (Cours inférieur du fleuve Congo). De nombreuses découvertes de nouvelles espèces de poissons ont été publiées (et d’autres sont à venir) après un minutieux travail de laboratoire auquel nous participons.
On peut enfin signaler de nombreux discours et sorties des ONG (ex. IDPE, Slow Food, MBou-Mon-Tour, etc.) œuvrant dans le domaine de la conservation de la biodiversité sur le territoire national pour fustiger les responsables politiques sur leur laisser-faire dans l’exploitation sauvage des essences forestières, sur le braconnage dans les parcs nationaux, les réserves et les zones protégées, la surpêche et la pollution de certaines rivières et certains plans d’eau.

Pour la majorité des Congolais, aussi bien de la ville que de la campagne, que signifie la biodiversité? Comment contribuer efficacement à l’action de préservation, de conservation et d’exploitation rationnelle et durable de la biodiversité si le concept reste flou, complexe, pas du tout ou mal vulgarisé et surtout non rattaché aux réalités vécues dans son milieu?

Pour ces Congolais, le concept de biodiversité évoque la protection des espèces animales et végétales charismatiques tels que le chimpanzé, le gorille de montagne, le bonobo dans les parcs nationaux (Maïko, Upemba, Salonga Nord et Sud, Garamba, Kahuzi-Biega, Virunga ou à Bolobo). Pour certains, c’est la protection des éléphants, des okapis, des rhinocéros, des zèbres, des hippopotames. Pour d’autres enfin, le concept de biodiversité n’évoque que ces grands oiseaux des marais du lac Édouard ou du lac Tanganyika ou encore ces aires protégées de la forêt du Mayumbe du programme MAB, telle que la réserve de la Luki, où il leur est interdit de s’approvisionner en bois de feu ou de charbon. Et beaucoup se demandent pourquoi ces animaux et ces essences de leur forêt présentent plus d’intérêt que les humains pour les ONG occidentaux et pourquoi ces derniers dépensent tant d’argent pour protéger ces animaux au lieu de les aider à sortir de leur sous-développement ou tout simplement à régler leurs problèmes de famine ou de soins de santé?

Si la majorité des Congolais se posent encore ce type de questions, c’est que le travail de sensibilisation et de vulgarisation doit être fait d’une manière systématique, continue et sans relâche. Sous le titre «2010 DÉFIS POUR 2010 : ANNÉE INTERNATIONALE DE LA BIODIVERSITÉ EN REPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE DU CONGO», nous allons publier une série d’articles pour informer et sensibiliser la majorité de notre population sur l’importance et les enjeux de la biodiversité dans ce vaste pays.

Comment peut-on définir le concept de biodiversité pour le rendre compréhensible pour la majorité de la population?

Le mot biodiversité provient de deux mots : diversité et biologique. De la contraction de ces deux mots, les scientifiques en ont créé un mot nouveau : biodiversité.
On doit au biologiste américain, M. Thomas Lovejoy (1980) le concept de diversité biologique. Le terme biodiversité apparaît dans la littérature spécialisée en 1985 lors du National Forum on Biological Diversity. C’est en 1988 que ce nouveau mot a été vulgarisé dans les actes de ce forum. En 1992, le Sommet de la Terre de Rio de Janeiro (Brésil) a défini pour la première fois le terme biodiversité dans la première convention des Nations Unies sur la diversité biologique. Si le concept semble nouveau, la diversité biologique, elle, est aussi vieille que la planète qui l’héberge.

En effet, dans n’importe quel village du Congo, les gens savaient et savent encore aujourd’hui identifier et nommer les différents animaux de leur environnement et savaient où les trouver : vers de terre, sangsues, escargots, insectes, crapauds, grenouilles, serpents, crocodiles, antilopes, éléphants, buffles, différents oiseaux, etc. Il s’agit là de ce que nous pouvons appeler : Élément de Nomenclature, Élément de Biodiversité et Élément d’Écologie. Ils savaient qu’il ne fallait pas tuer les crapauds ni les lézards car ces animaux se nourrissaient des insectes nuisibles (moustiques, mouches, etc.), ils connaissaient aussi l’usage de nombreuses plantes. Ici, il s’agit de ce que nous pouvons appeler : Élément de chaîne alimentaire, Élément d’interrelations entre les organismes, Élément de Pharmacopée. Certes, ces notions transmises de génération en génération sont demeurées orales, non formulées ni regroupées en un système de connaissances (ou sciences) et n’étaient connues, dans la plupart des cas, que des initiés ou des personnes qui s’étaient intéressé aux connaissances des anciens dans leurs villages.

La biodiversité a été définie à la Conférence de Rio de Janeiro de 1992 comme la variabilité des organismes vivants qui existent sur la planète Terre (tous les végétaux, tous les champignons, toutes les algues, tous les animaux, toutes les bactéries, tous les virus,…) ainsi que les complexes écologiques ou milieux de vie dont ils font partie. Ce concept, complexe, comprend trois composantes interdépendantes: la diversité des écosystèmes, la diversité des espèces et la diversité génétique.

Par diversité des écosystèmes, on entend la mesure des différents types de milieux de vie ou habitats et leurs multiples interactions avec les organismes vivants qu’ils hébergent.

La mangrove de Moanda à l’embouchure du fleuve Congo est un exemple d’écosystème, les nombreux marais aux alentours de nos lacs et les lacs eux-mêmes (Lac Maï-Ndombe, Lac Tanganyika, Lac Édouard) sont d’autres exemples d’écosystème. Une mare, une rivière, un fleuve, la forêt équatoriale de notre cuvette centrale, les différentes sortes de savane qui s’étendent du Kasaï au Katanga, et voire même le corps humain avec ses milliers de bactéries, vers intestinaux et insectes (poux, morpions) qui le parasitent, etc., sont autant d’écosystèmes différents.  En écologie, tous ces exemples d’écosystèmes sont regroupés en deux catégories : les écosystèmes terrestres et les écosystèmes aquatiques.

Par diversité spécifique, on entend la mesure du nombre total des espèces d’animaux, de plantes, de champignons, d’algues, de bactéries et de virus déjà ou non encore recensées (l’espèce humaine incluse) qui vivent dans ces différents milieux.

Dans nos cités, les eaux usées et les eaux de pluies stagnent dans des caniveaux bouchés depuis très longtemps. Si vous y regardez avec un peu plus d’attention, vous pourrez voir que ces eaux usées pullulent d’organismes vivants tels que les larves de moustiques, de libellules et d’éphéméroptères, les têtards de crapauds ou de grenouilles, les vers, les insectes, les petites araignées, les filaments des algues vertes, etc. Si vous poussez votre curiosité un peu plus loin en augmentant le pouvoir de résolution de vos yeux à l’aide d’une loupe ou d’un microscope, vous pourrez voir des milliers d’autres minuscules organismes formés d’une seule cellule telles que les algues, les paramécies, les bactéries, etc. Vous êtes là en présence de la diversité spécifique d’une eau stagnante.
Si vous allez ramasser du bois mort en forêt, cette source d’énergie encore très à la mode dans nos villes et villages, prenez le temps d’enlever avec précaution l’écorce du bois mort et vous serez surpris par le nombre d’organismes différents qui y vivent : termites, fourmis, forficules, iules (mille-pattes), scorpions, etc. Il s’agit là également d’un autre type de diversité spécifique vivant dans ce que l’on peut appeler un micro-écosystème.

Il en est de même si vous visitez un de nos parcs : Upemba, Virunga, Kahuzi-Biega, Maïko, Garamba ou Salonga. Vous serez émerveillé, dans ces écosystèmes, par les nombreux animaux uniques au monde qui font du Congo un sanctuaire paradisiaque.

Toutes ces espèces animales et végétales interagissent entre elles, elles sont donc reliées entre elles par différents types de relations tels que le parasitisme, le mutualisme, la symbiose, la prédation, le commensalisme, la coopération, etc. Mais, elles interagissent aussi avec leur propre milieu de vie d’où ils tirent plusieurs bénéfices par exemple de la nourriture.

Par diversité génétique, on entend la diversité des gènes, unités biochimiques portant l’information héréditaire et permettant de mesurer la variabilité au sein de l’espèce et entre les espèces différentes. Ce sont ces unités biochimiques qui font que les êtres vivants sont différents les uns des autres. Même nés de mêmes parents, des individus diffèrent les uns des autres grâce à leurs gènes. Donc, dans la nature, chaque être vivant (clones non pris en compte car issus de manipulations de laboratoire) est unique car il porte en lui un bagage ou un stock unique de gènes. Ce stock de gènes, transmis de génération en génération depuis que les êtres vivants existent sur la planète Terre par les mécanismes de la reproduction, constitue la diversité génétique. On ne peut voir les gènes qu’après des manipulations plus ou moins complexes et à l’aide des instruments de laboratoire sophistiqués.

Connaissant maintenant le contenu du concept de biodiversité, la question suivante est celle de savoir quels sont ses rôles(?)

À QUOI SERT LA BIODIVERSITÉ?

Poser la question en ces termes revient à se demander quels sont les enjeux de la biodiversité?
Sur la planète Terre, on peut résumer les enjeux ou rôles de la biodiversité en trois points : enjeu écologique, enjeu économique et enjeu scientifique.

- Enjeu écologique 
La biodiversité assure l’équilibre des écosystèmes. L’exemple le plus simple et le plus connu en milieux urbains (ex. Kinshasa, Mbuji-Mayi) est celui de la destruction du couvert végétal. Le sol non protégé, nu, est emporté par les eaux de ruissellement, créant ainsi des érosions, véritables trous béants déséquilibrant les écosystèmes : perte de terres agricoles, perte d’organismes qui vivaient dans les habitats affectés par les érosions, etc. Plantez le gazon, les bambous ou remettez le couvert végétal initial, et vous pourrez voir, dans beaucoup de cas, se rétablir l’équilibre brisé.

- Enjeu économique

La biodiversité est une grande ressource, elle fournit les cultures, les aliments de tout genre, les produits pharmaceutiques, elle permet le développement économique, le tourisme, etc. Les nombreuses années de crise que connaît le Congo et le niveau excessivement bas de la production vivrière ont déversé la majorité de la population dans l’exploitation non contrôlée (qualifiée à tort ou à raison de sauvage) de la biodiversité pour survivre. Visitez le marché central de Kinshasa par exemple pour vous rendre compte de l’importance de cet enjeu économique. On y trouve des tortues, des crocodiles, des achatines (gros escargots), des varans, des lamantins aquatiques, de nombreuses espèces de singes, de nombreuses espèces d’oiseaux sauvages, etc.

Au-delà de ce marché de survie en temps de crise, il y a les gros exportateurs des poissons d’aquarium, des serpents, des animaux de nos parcs, du bois de luxe comme le Wenge, des plantes ornementales et médicinales qui vident nos écosystèmes de leur biodiversité. Et plus grave, on commence à peine à s’en rendre compte, la République Démocratique du Congo est devenue, avec la complicité de ses dirigeants politiques, le grand exportateur de sa première ressource de la biodiversité : l’Homme! L’exportation des cerveaux et de la main-d’œuvre vide le pays de cette importante ressource sans laquelle tout projet de développement est voué à l’échec.

Le 24 juillet passé, s’adressant à la diaspora congolaise de Montréal réuni à l’hôtel Marriott-Champlin, trois grands orateurs, l’Honorable Kiakwama Kia Kiziki, le Dr Oscar Kashala Lukumuena, Président National de l’UREC, et le distingué Professeur Kankwenda Mbaya, ont successivement mis en évidence la fuite des cerveaux et de la main-d’œuvre qualifiée et ses conséquences sur le développement du Congo.

 

            

À cette perte, on peut ajouter l’exode rural vers les villes favorisé par les différents régimes politiques qui ont dirigé le pays. Les villes sont littéralement étouffées par l’arrivée massive des personnes attirées par des prétendues meilleures conditions de vie en villes. Les conséquences de l’exode rural sont connues : détérioration accélérée de l’environnement urbain et manque des personnes pour la mise en valeur de la biodiversité dans les campagnes.

- Enjeu scientifique 

La biodiversité est la matière première sur laquelle les scientifiques font des recherches dans de nombreuses disciplines de leur spécialisation. Ils étudient le fonctionnement des êtres vivants dans leurs écosystèmes respectifs sur la planète Terre. Ainsi, leur meilleure connaissance permet de formuler des meilleures stratégies pour les exploiter de manière respectueuse, rationnelle et durable et de mieux les protéger. Ces études ont par exemple permis de comprendre que plus un écosystème est en bonne santé, c.-à-d., riche en biodiversité, plus il sera à même de résister aux activités anthropiques : la pression démographique, les méthodes de production agricole non appropriées, la chasse et l’exploitation forestière sauvages, la pêche intensive non contrôlée, faite parfois avec des méthodes très agressives, l’utilisation des hydrosystèmes et l’implantation des exploitations minières sans études d’incidence préalables, les divers types de pollution, etc. Toute réglementation en matière d’exploitation de la biodiversité fondée sur des connaissances scientifiques assure la pérennité de chaque ressource.

Les 2010 défis de 2010 : Année internationale de la biodiversité en République Démocratique du Congo

Le territoire national est énorme. Les problèmes à résoudre en matière de conservation, protection et exploitation rationnelle et durable de la biodiversité sont aussi énormes et les défis à relever le sont tout autant. Nous les avons résumés en 2010 points, souvent inter-reliés, que nous livrerons dans une série d’articles pour informer la population et attirer l’attention des décideurs politiques et des acteurs du domaine de l’environnement, conservation de la nature et tourisme.

1.- Sécurité
Le Congo compte quatre types d’aires protégées : les domaines de chasse, les parcs, les réserves forestières et les réserves mondiales de la Biosphère. De l’avis de certains experts, certaines de ces aires n'existent plus que dans l'esprit du législateur (ou sur papier) à cause de la surexploitation dont elles ont fait l'objet depuis près de trente ans.  En 2007, la superficie cumulée de ces aires a été portée de 9,6 % à 15 % de la superficie totale du territoire national. L’insécurité dans le pays empêche la bonne gestion et la protection de ces aires dites «protégées».
Les conflits armés à l’Est du pays, le braconnage par la population, les milices armés ougandais, rwandais et congolais, les éléments des Forces armées nationales et des armées d’invasion des pays voisins, l’installation en 1993-1994 des refugiés rwandais dans les parcs des Virunga et de Kahuzi-Biega,  l’exploitation minière frauduleuse du colombo-tantalite (Coltan), de l’or et du diamant, la déforestation pour le bois de feu ont fragilisé les écosystèmes et détruit la biodiversité dont l’existence de certains représentants charismatiques serait même compromise.
Aussi longtemps que le Congo ne fera pas de la sécurité nationale la priorité des priorités et ne maîtrisera pas la sécurité à l’intérieur de ses propres frontières, la riche biodiversité du pays fera toujours l’objet de ponctions frauduleuses et sauvages par divers groupes armés nationaux ou étrangers et par des trafiquants sans scrupule de tout calibre.

2.- Salaires de misère

On peut ici saluer avec respect les nombreuses personnes qui travaillent dans les parcs pour des salaires de misère et les martyrs connus et inconnus de la biodiversité. On peut aussi saluer les différents organismes internationaux dont le personnel partage à côté de nos compatriotes les ardeurs de nos forêts et savanes et dont les efforts, souvent méconnus du grand public, ont permis de sauvegarder certaines espèces endémiques fortement menacées. Les salaires insignifiants et irréguliers n’incitent ni au travail bien fait ni à l’innovation en matière environnementale. Tous les services techniques du Ministère de l’Environnement, Conservation de la Nature et Tourisme sont depuis plusieurs années sous une permanente perfusion financière de la part des organismes internationaux.

Aussi longtemps que le personnel chargé de gérer la biodiversité sera mal payé, les services techniques sous-financés, la biodiversité dans notre pays sera menacée. Un défi parmi tant d’autres à relever !

3.- Renouvellement des cadres

Une cure de rajeunissement est plus que nécessaire à tous les niveaux afin d’assurer la relève au Ministère de l’Environnement, Conservation de la Nature et Tourisme. Ce problème est encore crucial dans les provinces et dans les différents parcs. L’absence de personnel qualifié rend difficile l’application des mesures et réglementations environnementales ou tout simplement la mise en œuvre des actions environnementales en provinces.

Nous voudrons illustrer par un exemple l’une des conséquences de l’absence de cadres nationaux dans le domaine de la biodiversité. Lorsque le terrible virus d’Ébola est apparu au Congo, les médecins locaux avaient réussi à établir un lien entre les personnes atteintes et les singes. Il s’est posé le problème d’identification de l’espèce de singe vecteur de ce terrible virus. Il n’y avait au pays aucun expert en Primatologie. Nous avons vu arriver des Occidentaux engagés dans le projet de lutte contre ce virus au Département des Vertébrés du Musée Royal de l’Afrique Centrale de Tervuren en Belgique pour identifier, grâce à sa riche collection des singes du Congo,  les singes de la région où la maladie s’était déclarée.

Le Congo possède la plus grande diversité des Primates sur son territoire et n’avait, dans les années 90, aucun expert formé dans ce domaine. Pour identifier un singe congolais, il fallait se rendre en Europe ! Ceci est valable dans tous les domaines des Sciences et c’est pathétique ! Les dirigeants politiques congolais, tous gouvernements confondus, ont tout simplement oublié qu’on ne forme pas un cadre en un an. Ce problème de renouvellement des cadres se pose certainement avec la même acuité dans d’autres secteurs de la vie nationale. Un autre défi à relever.

4.- Recherche scientifique et formation

La recherche scientifique, moteur du développement, a été longtemps négligée voire abandonnée par les différents gouvernements du Congo. Il suffirait, pour s’en rendre compte, de visiter les laboratoires dans les universités et les institutions de recherche scientifique : la vétusté des équipements de recherche scientifique en est le dénominateur commun!

Nous sommes convaincu que la promotion de la recherche scientifique et de la formation technique dans les différents domaines qui touchent directement ou indirectement à la biodiversité pourront largement contribuer à la protection de la biodiversité. Le Congo devrait donc relever ce défi : la recherche scientifique et la formation dans les divers domaines tels que : Taxonomie animale et végétale, Écologie, Conservation, Phytosociologie, Zoosociologie, Biotechnologie, Formation technique d’une police des parcs et des zones protégées, Tourisme et Chasse sportive, Activités anthropiques et ses impacts sur les écosystèmes, etc. La création d’un fonds national de la recherche scientifique en biodiversité pourrait être examinée.

5. Recensement des écosystèmes et des espèces menacés ou vulnérables
En République Démocratique du Congo, on regroupe généralement les écosystèmes en trois principales catégories : les écosystèmes forestiers, les écosystèmes savanicoles et les écosystèmes aquatiques. Ce regroupement est fondé sur des études vieilles d’un demi-siècle auxquelles on peut ajouter quelques résultats des études sporadiques dans l’un ou l’autre domaine de la biodiversité. Que savons-nous de ces écosystèmes?

5.1. Les  écosystèmes forestiers : 51 % du territoire national
Ils sont constitués de formations forestières uniques au monde, caractérisées par de nombreuses espèces animales et végétales endémiques. Pour les animaux, on peut citer à titre d’exemple : le chimpanzé nain ou Bonobo (Pan paniscus1) de la Salonga et de Bolobo, le paon congolais (Afropavo congensis2) de la Maïko, le gorille (Gorilla gorilla) des Virunga et de Kahuzi-Biega, l'okapi (Okapia johnstoni3) d'Epulu, le lamantin aquatique (Trichechus senegalensis) des mangroves, etc. Pour les végétaux, on peut aussi citer à titre d’exemple, Oxytenanthera abysinica (bambousaie), Encephalartos septentrionalis, Diospyros grex, Eremospatha haullevilleana, Pericopsis elata, Sclerosperma mannii, Gnetum africanum, Milletia laurentii, Juniperus procera et les mangroves à palétuviers, etc.

5.2. Les écosystèmes savanicoles : 45,5 % du territoire national
Ils sont constitués de savanes arbustives, de savanes boisées et de savanes herbeuses. Ces savanes sont également caractérisées par des espèces animales et végétales endémiques, uniques au monde. En ce qui concerne la flore, on peut citer à titre d’exemple les espèces suivantes : Erythrophleum africanum, Kigelia africana et Nauclea latifolia. La faune est aussi caractéristique, représentée par des espèces endémiques tels que les antilopes de savanes (Tragelaphus scriptus et Kobus kob),  l'éléphant de savanes (Loxondonta africana africana4 et le rhinocéros blanc du Nord (Cerathotherium simum coton5), l’Impala du Katanga, etc.

5.3. Les écosystèmes aquatiques : 3,5 % du territoire national
Ils sont constitués d’eaux de surface et d’eaux souterraines. Les eaux de surface sont réparties en trois catégories : un réseau hydrographique très dense, d’importants plans d’eaux et les eaux marines.

5.3.1. Eaux de surface

                                  

 

a)- Réseau hydrographique
Il est tissé autour de deux fleuves, le Chiloango, un petit fleuve côtier  et le tout puissant fleuve Congo, ses affluents (Inkisi, N'Sele, le système Fwa-Kasaï, Ubangi, Ruki, Lopori, Mongala, Itimbiri, Aruwimi, Lomami, Lindi, Tshopo, Maïko, Ulindi, Enaro, Lueki, Lufubu, Luama, Lukuga, Luvua et la Lufira) et ses nombreux sous-affluents dont Kwilu, Loange, Tshikapa, Lulua, Luilu, Lubilanji, Sankuru, Lukenie, Tshuapa, Giri, Uele, etc.
b)- Plans d’eaux
Les plans d’eaux comprennent les lacs Albert, Édouard, Kivu ,Tanganyika, Moero, Bangwelu, Upemba, Mukamba,  Fwa, Tumba, Maï-Ndombe et d’innombrables petits lacs disséminés sur le territoire.
c)- Eaux marines
Les eaux marines sont représentées par une petite ouverture d’environ 40 km sur l’Océan Atlantique, contrastant ainsi avec l’étendue du pays et son important réseau hydrographique.
5.3.2. Eaux souterraines
Enfin, les eaux souterraines sont représentées par de nombreuses nappes phréatiques largement réparties sur tout le territoire national. La plupart de nos villages utilisent par un système de puits ces nappes phréatiques comme source d’eau potable. Certains Congolais sont même fiers de le signaler quand ils parlent de leur village, par exemple les habitants du village de Nsona au Kasaï Oriental disent : «Nsona wa kudi mayi a kowa ne a kunua» pour mettre en évidence le fait qu’ils ont des rivières où ils se lavent et des nappes phréatiques où ils tirent de l’eau potable.
Ces écosystèmes aquatiques  présentent aussi de nombreuses espèces charismatiques tels par exemple le crocodile (Crocodylus cataphractus et C. niloticus6), l’hippopotame (Hippopotamus amphibius7)
), et de nombreuses espèces endémiques de poissons qui caractérisent ce que l’on appelle la région ichtyogéographique du Congo. Pour ce dernier groupe, citons d’abord ce représentant charismatique des célèbres grottes de Mbanza-Ngungu: Caecobarbus geertsii Boulenger, 1921 (le poisson aveugle bien connu des Congolais qui ont eu la chance de visiter ces grottes). Ensuite, nous prendrons un autre groupe de poissons pour illustrer cette extraordinaire diversité biologique des poissons d’eau douce du bassin du fleuve Congo. Nous avons reconnu 36 espèces valides des poissons du genre Labeo (Teleostei, Cyprinidae). Sur ce nombre, 26 espèces sont endémiques au bassin du Congo et réparties de la manière suivante :
- deux espèces endémiques dans le cours supérieur du fleuve Congo : L. polli Tshibwabwa, 1997 et L. lualabaensisTshibwabwa, 1997;
- six espèces endémiques dans le cours moyen du fleuve Congo : L. cyclopinnis Nichols & Griscom, 1917, L. luluae Fowler, 1930, L. maleboensis Tshibwabwa, 1997, L. nigricans Boulenger, 1911, L. quadribarbis Poll & Gosse, 1963 et L. reidi Tshibwabwa, 1997;

- deux espèces endémiques dans le cours inférieur du fleuve Congo: L. rectipinnis Tshibwabwa, 1997 et une espèce non encore décrite, récoltée dans le fleuve Congo à Luozi, province du Bas-Congo (manuscrit en préparation par Tshibwabwa et Stiassny);
- sept espèces endémiques dans les cours inférieur et moyen du fleuve Congo : L. falcipinnis Boulenger, 1903, L. macrostomus Boulenger, 1898, L. cyclorhynchus Boulenger, 1899, L. nasus Boulenger, 1899, L. barbatus Boulenger, 1898, L. fulakariensis Tshibwabwa, Stiassny & Schelly, 2006 et L. sorex Nichols & Griscom, 1917;
          
- trois espèces endémiques rencontrées dans les cours supérieur et moyen du fleuve Congo: L. alticentralis Tshibwabwa, 1997, L. dhonti Boulenger, 1919 et L. kibimbi Poll, 1949, et enfin,
- six espèces endémiques, largement distribuées dans tout le bassin du fleuve Congo : L. lineatus Boulenger, 1898, L. weeksii Boulenger, 1909, L. longipinnis Boulenger, 1898, L. degeni Boulenger, 1920, L. simpsoni Ricardo-Bertram, 1943, L. greenii Boulenger, 1902 et L. kirkii Boulenger, 1903.

           

Comme on le constate, la République Démocratique du Congo n’est pas seulement un scandale en richesses minières, elle l’est aussi en diversité biologique. Malheureusement, la plupart des données fournies par le Ministère de l’Environnement, Conservation de la Nature et Tourisme relèvent des compilations faites à partir des informations vieilles de cinquante ans ou plus ou des informations sectorielles plus ou moins récentes. Certaines limites des parcs et réserves datent des années 30 et ne sont plus valides aujourd’hui à cause des invasions d’origines diverses.
Un recensement est recommandé pour, d’une part, déterminer à l’aide des moyens modernes les dimensions réelles de tous les écosystèmes du pays et, d’autre part, établir un inventaire de toute la biodiversité. Ce défi est énorme vu la quantité des ressources qu’il faudra mobiliser pour le réaliser. Malheureusement, ce n’est que de cette manière que l’on pourrait arriver à formuler des plans d’action environnementale plus réalistes, plus proches des citoyens, prenant en  compte à la fois la mesure réelle de la biodiversité et les besoins réels des citoyens pour une exploitation rationnelle et durable et un partage équitable de la biodiversité.

6.- Biosécurité
L’introduction dans un écosystème donné des espèces animales ou végétales étrangères pour des raisons plus ou moins justifiées (culture, élevage, lutte biologique, exploitation, etc.) a souvent généré de nombreux problèmes plus qu’elle n’en a résolus : compétition, prédation, altération de l’habitat par l’espèce introduite, apparition de nouvelles parasitoses ou maladies importées dans le milieu d’accueil, réduction des effectifs des populations indigènes ou leur disparition, hybridation entre des espèces ou des populations génétiquement distinctes, etc.
Un exemple devenu classique d’introduction néfaste sur la diversité biologique indigène mais ayant eu des retombées économiques favorables est celui de l’introduction au Lac Victoria de Lates niloticus (poisson communément appelé Capitaine), espèce vorace et prédatrice qui a entrainé une diminution drastique, voire une disparition dans ce lac d’espèces autochtones tels que le Labeo victorianus et de nombreuses espèces d’Haplochromis.
Par contre, l’espèce Limnothrissa miodon (communément appelée Isambaza) introduite du Lac Tanganyika au Lac Kivu s’est heureusement bien adaptée et fait l’objet d’une exploitation depuis de nombreuses années au Lac Kivu.  En ce qui concerne les espèces végétales, l’introduction dans le fleuve Congo d’Eichhornia crassipes (communément appelé Congo ya sika ou Jacinthe d’eau), espèce végétale envahissante, a été plus que nuisible car cette espèce est en train d’étouffer le fleuve Congo et la plupart de ses affluents et sous-affluents. Il en est de même de Chromolaena odorata qui a envahi certains écosystèmes terrestres.
La petite ville de Shinkolobwe, située à quelques kilomètres de la ville de Likasi dans la province du Katanga, et le Centre Régional d’Études Nucléaires de Kinshasa (CREN-K), située derrière la faculté des Sciences de l’Université de Kinshasa, partagent une histoire commune que peu de jeunes Congolais connaissent. Shinkolobwe est à jamais associée à l’une des périodes sombres de l’histoire de l’humanité à savoir le largage par les Américains, il y a plus de 60 ans, de la bombe atomique sur la ville d’Hiroshima au Japon. L’uranium ayant servi à la fabrication de cette bombe venait de la mine de Shinkolobwe. La Belgique, pays colonisateur du Congo, avait vendu tout le stock d’uranium produit par la Gécamines (ex-Union Minière du Haut-Katanga) aux Américains. L’argent de cette vente servit en partie à la construction de l’actuel CREN-K. La mine fut fermée depuis 1960. Mais, depuis 2004, on signale l’exploitation clandestine du minerai d’uranium à Shinkolobwe. Le CREN-K, jadis haut lieu de la recherche scientifique isolé, se trouve aujourd’hui en pleine cité malgré le danger potentiel qu’il représente. Sous financé, le personnel scientifique et technique mal payé, de nombreux instruments de surveillance et de contrôle du cœur nucléaire en panne ou mal entretenus, les déchets radioactifs mal gérés font que ce centre est une grave menace pour la biodiversité en général et en particulier pour les scientifiques et le personnel technique qui, dans des conditions extrêmement difficiles et au sacrifice de leur vie, tentent de garder ce centre encore ouvert.
L’exploitation clandestine de l’uranium de Shinkolobwe, les déchets radioactifs d’origines diverses, la quantité non négligeable de l’uranium accompagnant l’exploitation minière de l’or et du cuivre, la désintégration de l’uranium en éléments dérivés libèrent dans l’environnement des substances toxiques et radioactives dont l’impact sur l’environnement est énorme : contamination des sols par des substances radioactives, contamination des nappes phréatiques et des ruisseaux par les eaux de ruissellement dans la mine, contamination des eaux de surface, contamination atmosphérique par les poussières radioactives et le radon (gaz rare radioactif, invisible et inodore) et en bout de ligne contamination radioactive de la faune, de la flore et des humains qui peuvent développer les maladies suivantes : cancer, leucémie, troubles génétiques, problèmes de reproduction, atteintes rénales et pulmonaires, etc. On ne pourra pas s’étonner que dans un proche avenir (si ce n’est déjà le cas en ce moment!) que l’on observe la naissance des bébés avec de graves malformations, un taux anormalement élevé de cancer et de stérilité dans la population de Shinkolobwe ou la disparition des espèces animales et végétales et des terres arables de cette zone.
Un autre récent problème dans ce domaine est l’introduction des organismes génétiquement modifiés (OGM) qui peuvent altérer le stock des gènes des organismes indigènes et créer une totale dépendance de nos producteurs agricoles vis-à-vis des vendeurs des semences génétiquement améliorées. En effet, l’arrivée sur notre marché des semences génétiquement améliorées fournies exclusivement par certains laboratoires occidentaux tend à supplanter l’utilisation des semences traditionnelles. Le cas des Laboratoires Monsanto a longtemps défrayé la chronique dans ce domaine.
Certaines espèces animales méritent une attention particulière à cause de leur grande capacité de nuisance pour les humains. Il s’agit de :
- maringouins, vecteurs de l’onchocercose (cécité des rivières)
- mouche tsé-tsé, vecteur de la trypanosomiase (maladie du sommeil);
- moustique femelle, vecteur du paludisme (malaria);
- de petits mollusques aquatiques, vecteurs de la schistosomiase (bilharziose), etc. Toutes ces maladies occasionnent chaque année de nombreux décès dans la population.
L’absence ou la non application d’un plan national de contrôle pour ces différents cas fait que la biosécurité doit être inscrite parmi les défis à relever au cours de cette année internationale de la biodiversité.

7. Maîtrise de la démographie
Un recensement de la population est la condition première à réaliser pour bâtir des projets de développement du pays. Des données fantaisistes, fragmentaires, tirées des enquêtes locales réalisées à Kinshasa sont souvent extrapolées à l’ensemble du pays. Pour certains auteurs, le taux de croissance de la population congolaise est de 3%. Pour d’autres, ce taux oscille autour de 5 %, et sur cette base, conseillent aux dirigeants politiques d’embarquer le pays dans des programmes de limitation des naissances pour la préservation d’autres représentants de la biodiversité. Pour certains, la République Démocratique du Congo est sous-peuplée, et pour d’autres enfin, le Congo va bientôt atteindre le seuil de surpopulation si 15 % de son territoire sont déclarés aires protégées.
Ces opinions contradictoires montrent la nécessité de maîtriser la démographie, ce défi est d’autant plus important et urgent qu’il doit être relevé avant 2011, déclarée année électorale à tous les niveaux au Congo: élections locales, élections législatives et élections présidentielles.
Aucun programme de développement ni prévisions dans différents domaines socio-économiques ne peuvent voir le jour si les données démographiques récentes font défaut.
Du point de vue de la protection de la biodiversité, un pays surpeuplé va certainement exercer une forte pression sur l'environnement pour l'habitat et pour les ressources alimentaires. Ce problème de pression démographique sur l’environnement se fait déjà sentir dans les villes du pays : déforestation, érosion des sols, déchets domestiques de tout genre, détérioration des infrastructures routières, surexploitation de la biodiversité dans les divers écosystèmes, etc.

8. Efficacité énergétique
 La République Démocratique du  Congo est connue pour son grand potentiel énergétique. Le site d’Inga, grâce à ses deux grands barrages, Inga I et Inga II (Inga III  est toujours sur papier depuis bientôt trente ans!), produit une grande quantité d’électricité (1775 MW !) destinée principalement à la province minière du Katanga et à l’exportation vers la République du Congo, l’Angola et le Zimbabwe. Il existe aussi de nombreux autres barrages hydroélectriques disséminés à travers le pays. De nombreuses chutes pourraient encore être mises en valeur sur le réseau hydrographique du pays pour produire de l’électricité. Malgré cet énorme potentiel, malgré la grande production du courant électrique par les barrages d’Inga, le bois demeure la principale source d’énergie, il couvre les trois-quarts des besoins énergétiques du Congo.
Selon le Ministère de l’Environnement, Conservation de la Nature et Tourisme, les besoins annuels en charbon de bois et en bois de feu de la ville-province de Kinshasa s’élèvent à environ 500 000 tonnes. La satisfaction de ces besoins a pour conséquences le déboisement des zones péri-urbaines et la surexploitation des espèces ligneuses sélectionnées par les producteurs de charbon de bois et du bois de feu.
À  Muene-Ditu,  dans la province du Kasaï Oriental, la forêt typique d’où ce centre urbain a tiré son  appellation a été complètement décimée, laissant place à une savane arbustive et herbeuse.
À Kabulameshi, zone péri-urbaine de la cité Manika à Kolwezi, à Tenke-Fungurume, à Likasi et à Lubumbashi, la forêt claire à Miombo, forêt typique des terres cuprifères, a aussi disparu à cause de la production du charbon de bois et du bois de feu et voire même de l’utilisation du bois comme source d’énergie par certaines entreprises locales. Ces quelques exemples, extrapolés à l’ensemble du pays, montrent à suffisance la gravité de ce problème de destruction des écosystèmes forestiers et savanicoles au Congo suite à l’absence d’une source d’énergie respectueuse de la biodiversité.
Une anecdote  met en évidence l’une des contradictions du Congo: visitant le barrage d’Inga en 1988, nous avons été surpris par l’absence d’électricité dans les villages environnants dont le sommeil des habitants était à jamais perturbé par le bruit généré par les puissantes turbines du barrage! Pendant la même époque, il y avait des projets d’installation des panneaux solaires pour fournir du courant électrique dans les villages dont l’espace était violé sans contrepartie par les lignes à haute-tension d’Inga-Shaba transportant le courant électrique du barrage d’Inga aux sites d’exploitation minière du Katanga!
Pour arrêter cette érosion de la biodiversité, le Congo devrait donc relever cet autre défi : la mise en application effective de la stratégie nationale d’efficacité énergétique afin de fournir à chaque famille une source d’énergie propre, non polluante et non destructrice de la biodiversité et à un coût démocratique.
(À suivre dans notre prochain article)


Sinaseli TSHIBWABWA, PhD Sci. Bio. (Ichtyologie)

Expertise en Biodiversité des poissons d'Eaux douces d'Afrique.


Note : De nombreuses photos de notre faune et flore se trouvent sur des sites Web spécialisés. Nous conseillons aux personnes intéressées de cliquer sur chaque lien ci-dessous pour aller voir l’animal cité :
(1) Voir image sur ce site : http://www.arkive.org/bonobo/pan-paniscus/images.html.
(2) Voir image sur ce site : http://www.arkive.org/congo-peafowl/afropavo-congensis.
(3) Voir image sur ce site : http://www.arkive.org/okapi/okapia-johnstoni/images.html.
(4) Voir image sur ce site : http://www.arkive.org/african-elephant/loxodonta-africana.
(5) Voir image sur ce site :  http://www.arkive.org/white-rhinoceros/ceratotherium-simum.
(6) Voir image sur ce site : http://www.arkive.org/nile-crocodile/crocodylus-niloticus.
(7) Voir image sur ce site :http://www.lepost.fr/article/2008/09/08/1260117_attention-especes-menacees-l-hippopotame-decime-dans-la-region-des-grands-lacs.html

 

 


Le carnet de Colette Braeckman

le blog de notre envoyée spéciale en Afrique

4 juillet 2010

Au lendemain de la fête réussie, les ombres persistent

« Tout s’est bien passé, le pire ne s’est pas produit… » A voir le soulagement des officiels, au lendemain des festivités du 30 juin, on mesure à quel point, une fois de plus, le Congo aurait pu basculer. Basculer si les principaux invités dont le roi Albert II avaient soudain renoncé à faire le voyage, si des désordres s’étaient produits, si… Dans ce pays, les hypothèses du pire ne manquent jamais mais, une fois n’est pas coutume, elles ne se sont pas vérifiées. Plus encore, le FMI et la Banque mondiale, passant outre à l’attitude négative du Canada et de la Suisse, ont finalement reconnu que le presque mythique « point d’achèvement » était désormais atteint, que le Congo réunissait toutes les conditions requises pour que soient gommés neuf milliards de dette, sur un total de presque 13 milliards. Les 150 millions de dollars annuels qui ne seront plus versés au titre des remboursements pourront ainsi être affectés aux secteurs sociaux. les
Les points positifs de ce 30 juin ne manquent pas, amplement relevés par la presse : à la date prévue, Kinshasa était prête, les principaux chantiers ayant métamorphosé les grands axes de circulation et donné au majestueux Boulevard du 30 Juin des allures de Champs Elysées. Le discours du président Kabila et plusieurs des gestes posés ont été des gages de réconciliation : il a inauguré à Kimpwanza, une commune dont Joseph Kasa Vubu fut le premier bourgmestre, une statue à l’image du premier président du pays, il a reçu et décoré les « pionniers » c’est à dire les derniers « pères de l’indépendance » encore en vie dont Justin Bomboko. Son discours du 30 Juin fut aussi un grand moment d’ouverture, où hommage fut adressé à tous ses prédécesseurs, y compris le président Mobutu, dont fut salué le combat pour l’unité nationale et l’authenticité, cette émancipation culturelle par rapport au conditionnement de l’ère coloniale. La présence d’un aussi grand nombre d’invités étrangers a rappelé aux Congolais que leur pays pèse désormais sur la scène internationale et africaine.
Même discrète, la présence du roi Albert II fut très appréciée par la population, tandis que le président rwandais Paul Kagame fut chaleureusement applaudi. La chaleur de l’accueil qui fut réservé à l’ennemi d’hier, si souvent diabolisé, surprit tellement l’intéressé qu’il décida de passer la nuit à Kinshasa, afin d’avoir, le 1er juillet, un entretien approfondi avec le président Kabila.
L’ampleur du défilé militaire, où 15.000 hommes, vêtus d’uniformes neufs marchèrent au pas de l’oie dans un ordre impeccable provoqua la surprise générale, qui se mua en stupeur lorsque défilèrent les engins blindés, les mitrailleuses lourdes, les chenilles, les tanks et même des hôpitaux militaires en ordre de marche. Il s’agissait là d’une démonstration de force dont l’effet dissuasif n’aura pas échappé aux pays voisins tandis que les observateurs occidentaux auront eu des raisons de s’interroger sur l’efficacité de l’embargo sur les armes, toujours de mise et si spectaculairement contourné.
Chacun sait cependant que le matériel, aussi neuf, aussi puissant soit-il, n’est rien sans les hommes et qu’à plusieurs reprises déjà, armes et munitions congolaises, saisies sur le champ de bataille, ont enrichi l’arsenal des belliqueux voisins. Il faut donc espérer que s’accélère la réforme des services de sécurité, que les militaires soient correctement payés et cantonnés afin qu’ils cessent de représenter une nuisance pour la population et ne soient plus tentés de déserter lors d’affrontements.
La culture elle aussi était présente au rendez vous du 30 juin : plusieurs expositions ont été organisées et surtout le président a posé un geste très apprécié, faisant distribuer trois millions de dictionnaires Larousse, dans une « édition spéciale RDC » à 14 millions d’élèves et 470.000 enseignants.
Cependant, même si le géant se redresse, ainsi que le proclament les grands panneaux apposés aux carrefours de la ville, il garde des pieds d’argile. Le désordre dans lequel les militants du parti PPRD ont défilé en courant, en criant comme des drogués ou des shege (enfants des rues) atteste que le pouvoir, à tous les niveaux, doit mettre de l’ordre dans ses rangs. La bagarre pour les chaises, qui clôtura le défilé démontre aussi à quel point la population pauvre, mal canalisée, demeure capable de déborder les services d’ordre.
Mais là n’est pas le plus important : ceux qui croient que l’affaire Chebeya a été étouffée par les flonflons de la fête et que la mesure de suspension frappant le général Numbi est suffisante se trompent lourdement.
Non seulement les organisations internationales des droits de l’homme n’ont pas relâché leurs pressions sur le pan international, mais le doute continue à miner l’opinion congolaise, à ternir son appréciation du régime. Cette affaire est loin d’avoir révélé tous ses secrets et on ne peut que souhaiter que de enquêteurs internationaux contribuent à faire la lumière, en toute impartialité. Malgré le discours du chef de l’ Etat, qui a promis de respecter l’état de droit, d’aller aux élections en 2011 comme prévu, journalistes et activistes des droits de l’homme continuent à se sentir inquiets, un sentiment aggravé encore par l’assassinat d’un autre militant des droits de l’homme à Beni, tué à bout portant par des hommes armés.
En outre, malgré les objurgations des organisations internationales et les promesses du pouvoir, le « climat des affaires » est tout sauf transparent et serein : la société canadienne First Quantum, qui a recouru à un arbitrage international pour défendre ses investissements au Katanga a été évincée au profit de Metalkol, une société inconnue sur la place, dont Highwinds Properties, enregistrée aux îles Vierges et qui a toutes les allures d’un prête nom, est le principal actionnaire avec 70% des actions. Tout aussi problématiques sont les contrats passés à propos du pétrole de l’Ituri, contestés par la société civile locale. Ici aussi une société connue, comme l’écossaire Tullow et qui avait déjà réalisée les premiers forages a été évincée au profit d’une nouvelle venue inconnue sur le marché et sans expertise dans le domaine…
Tout cela confirme le sentiment d’un pouvoir « à double fond » où les uns, sur le devant de la scène, multiplient les promesses et récoltent de réels succès, tandis que dans l’ombre, d’autres engrangent les bénéfices d’une économie mafieuse et, peut-être, n’hésitent pas à supprimer leurs contradicteurs…Dans un proche avenir, la main droite l’emportera-t- elle sur la main gauche ? La renaissance du Congo en dépend…

Reve d'un Congo plus beau qu'avant

Message de la Conférence Episcopale Nationale du Congo au peuple congolais à l'occasion du Cinquantième anniversaire de l'Indépendance de la RD Congo

INTRODUCTION

1. Notre cher pays, la RD Congo, célèbre le jubilé d'or de son accession à l'Indépendance. Le peuple congolais est appelé à mobiliser ses énergies en vue de la reconstruction de son identité et de l'instauration d'un nouvel ordre social susceptible de répondre à ses aspirations les plus profondes.
L'Eglise catholique à travers la Conférence Episcopale Nationale du Congo (CENCO), réunie en sa 46ème Assemblée plénière ordinaire du 21 au 25 juin 2010, entend apporter sa contribution pour que ce jubilé permette à la Nation congolaise de prendre un nouveau départ.

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Le Congo est-il devenu une démocratie ?

26.06.10 - 09:38
 

Chaque jour et pendant 50 jours, replongez-vous dans nos archives du Congo avec un guide exceptionnel : Frédéric François, qui a suivi de près, comme journaliste, la petite et la grande histoire du Congo et du Zaïre.

Quel est le pays africain où, de façon plus générale encore, quel est le pays de ce que l'on appelait le "Tiers Monde" que l'on peut classer parmi les démocraties classiques c'est-à-dire bâties sur le système occidental. Parce que, comme toujours, nous partons du principe que notre système est le meilleur et que donc, pour tout pays, le nec plus ultra est de l'appliquer à la lettre.
 
A ce titre il va de soi que le Congo n'est pas encore une démocratie, ni pour ce qui concerne le niveau de vie de

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Dimanche 27 juin 2010 7 27 /06 /2010 07:52
DOCUMENT: RD CONGO 50 ANS APRES, DES CHIFFRES QUI NOUS FONT HONTE

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Samedi 26 juin 2010  à Leuven lors de de la série d’une série de conférences organisée par les Bana Leuven, notre compatriote Jean-Jacques Wondo Omanyundu  a fait une communication dans laquelle des chiffres qui font froid au dos ont été donnés. Des chiffres qui font honte.

50 ans après notre indépendance, qu’avons-nous fait du Congo ? Avons-nous progressé ou régressé ? Dans quel domaine ? Qu’avons construit ? Qu’avons-nous amélioré ?

Nous diffusons ci-dessous, en intégralité, la communication de Jean-Jacques Wondo Omanyundu

Cheik FITA

Bruxelles, le 27 juin 2010

La situation socio-économique et politique de la RDC, 50 ans après son indépendance, est loin d’être brillante et dans différents domaines, ce pays est à la traîne.

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Dossier assassinat de Floribert Chebeya

Plainte à charge du gouvernement de la RDC au CDH de l'ONU,le 10 juin 2010

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Carte de la RDCCarte de la République Démocratique du Congo

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