ANNEE ELECTORALE : QUE DEVONS-NOUS FAIRE ? (Ac 2, 37)

Exhortation du Comité permanent de la Conférence Episcopale Nationale du Congo (CENCO) aux fidèles catholiques, aux hommes et aux femmes de bonne volonté

INTRODUCTION

1. Après avoir organisé, en 2006, les élections qui ont marqué l’entrée dans la troisième République et célébré, en 2010, le jubilé d’or de son accession à la souveraineté nationale et internationale, la RD Congo s’apprête à vivre, en cette année, un autre rendez-vous décisif avec l’histoire : la tenue des élections présidentielles et législatives.

2. L’Eglise catholique, à travers le Comité permanent des Evêques de la CENCO réuni à Kinshasa en session ordinaire du 21 au 25 février 2011, veut apporter sa contribution pour que ces nouvelles élections puissent consolider les bases d’une destinée communautaire à construire dans la justice1, la vérité et la paix, et ouvrir ainsi de nouveaux horizons pour l’avenir de la Nation. Le peuple congolais s’interroge avec justesse : que devons-nous faire pour atteindre cet objectif ? (cf. Ac 2, 37).

1 Cf. La justice grandit une nation (Pr 14, 34). La restauration de la Nation par la lutte contre la corruption. Message de la CENCO aux fidèles catholiques, aux hommes et aux femmes de bonne volonté à l’occasion du 49ème anniversaire de l’indépendance de la RD Congo, Editions du Secrétariat général de la CENCO, Kinshasa 2009. 2 Cf. Changeons nos coeurs (cf Jl 2, 13). Appel à un engagement réel pour la reconstruction de notre pays. Message du Comité permanent des Evêques de la République Démocratique du Congo aux fidèles catholiques et aux hommes de bonne volonté, Editions du Secrétariat général de la CENCO, Kinshasa 2008, n° 5.

LA PERIODE PRE-ELECTORALE
3. Il est urgent et indispensable de préciser l’enjeu fondamental et décisif pour la Nation qui fonde le devoir du peuple de participer aux élections. Cet enjeu consiste essentiellement dans la construction d’un Congo réellement démocratique, apaisé et porteur, grâce à une politique de bonne gouvernance, de nouvelles possibilités de développement pour notre peuple. Il s’agit de bâtir un Congo respectueux des droits humains, un Congo plus fort aussi pour assurer à tous les Congolais un contexte qui leur permette de mieux faire face aux défis du futur. Si tel est l’enjeu, la période pré-électorale est capitale. Elle doit nous permettre, à travers certaines options fondamentales, de préparer de la meilleure manière ce rendez-vous historique.

Consolider la démocratie 4. Nous remercions le Seigneur pour tous les pas déjà franchis par la RD Congo dans son processus de démocratisation qui doit se poursuivre et se consolider. Il s’agit notamment du fonctionnement effectif des institutions issues des élections démocratiques2, de la reconnaissance du peuple comme le souverain primaire, détenteur du pouvoir.

5. Les élections sont un exercice essentiel dans toute démocratie, où l’égalité de tous devant la loi doit être garantie. Elles doivent être libres et transparentes. Car la démocratie, c’est d’abord le respect des droits humains et des libertés fondamentales ; c’est ensuite la - 2 - 2 séparation stricte des pouvoirs, c’est-à-dire la non-concentration des trois pouvoirs entre les mains d’un seul individu ou d’un groupe ; puis, c’est le contrôle externe et interne des mandataires du peuple ; enfin, c’est la participation au pouvoir de la société civile, donc de tout le peuple.

6. A travers les élections, le peuple congolais est appelé à exercer, dans la liberté et avec un discernement requis, son droit de choisir ses gouvernants à tous les échelons et ses représentants dans les Assemblées Provinciales et dans les deux Chambres du Parlement. C’est par son choix, qu’il décide de son avenir en confiant à ses élus la lourde responsabilité de présider à son devenir. C’est le lieu de rappeler que la volonté du peuple et ses choix doivent être impérativement respectés. D’où l’importance d’organiser des élections locales pour construire la démocratie à la base et rapprocher ainsi le peuple de ses gouvernantsstrong>.

7. Dans la perspective des prochaines échéances électorales, la Constitution a été révisée. La CENCO en prend acte, mais elle ne saurait s’empêcher de relever que la Constitution, gage du consensus national laborieusement obtenu et retrouvé, approuvée par référendum, a été révisée de manière précipitée et expéditive. En effet, la Constitution modifiée a été votée et promulguée en moins de deux semaines, en fin d’une session extraordinaire du Parlement à l’ordre du jour de laquelle elle n’avait pas été inscrite initialement alors qu’elle aurait pu intervenir en toute sérénité, plus tôt, sur base d’une large concertation et d’un débat public et parlementaire ouvert.

8. Cette procédure a suscité beaucoup d’inquiétudes dans l’opinion nationale. Ce qui a amené certains à s’interroger sur la visée réelle de la révision constitutionnelle. Nous craignons que cette révision ne prélude à d’autres qui conduiraient au retour du monopartisme, à la fin de la démocratie et à l’instauration d’une nouvelle dictature.

9. Nous avons été fortement affectés et indignés par la virulence de la réplique du Gouvernement et ses propos désobligeants à l’égard de Son Eminence Laurent Cardinal Monsengwo. Nous estimons que son intervention ne comprend rien qui mérite une réaction aussi acerbe et irrévérencieuse. Le débat d’idées en démocratie n’autorise pas des attaques personnelles. A cet effet, la CENCO invite la population et les acteurs politiques à éviter tout discours discourtois et discriminatoire et à adopter des attitudes et des propos capables de favoriser l’unité de la Nation congolaise.

Assurer la sécurité nationale

10. La CENCO apprécie les efforts fournis par notre Gouvernement pour étendre l’autorité de l’Etat sur plusieurs zones jadis occupées par des groupes armés dans le Nord et le Sud-Kivu. Cependant, la situation sécuritaire du pays reste encore très préoccupante à cause d’un certain nombre de poches d’insécurité. En fait, quelques zones de notre pays n’ont pas encore connu la paix. L’attitude qu’affichent ceux qui ont la charge de veiller à l’intégrité territoriale et la sécurité de la population congolaise tout entière comme de ses biens soulève beaucoup d’interrogations. Il s’agit notamment des zones des Haut et Bas-Uelé dans lesquelles la LRA inquiète et tue impunément de paisibles citoyens congolais sur leur propre terre ; des groupes armés en Ituri et dans le Nord et le Sud-Kivu ; de l’insécurité dans certaines villes, susceptible de créer une psychose déstabilisante au sein de la population à l’approche des élections. Nous nous demandons, dans quel état d’âme ces concitoyens traumatisés par des situations de violence et des guerres pourront se rendre aux urnes pour élire de nouveaux dirigeants ?- 3 - 3

Renforcer le programme de bonne gouvernance 11. La réussite du processus électoral exige nécessairement un climat de sécurité sociale et économique pour la population. Le Gouvernement est appelé à déployer un effort sans cesse croissant et rassurant, afin de répondre aux impératifs d’une véritable économie de développement.

12. Nous n’ignorons pas les avancées réalisées par l’Etat congolais en ce domaine. Mais, comme Pasteurs, témoins de la clameur de notre peuple (cf. Ex 3, 7), nous invitons le Gouvernement à redoubler d’efforts. La souffrance de la grande majorité de la population est évidente et indiscutable. La misère est devenue le mode d’existence quotidien pour la majorité des Congolaises et Congolais, dans un contexte d’inégalité criante et de prédation chronique au profit d’un petit groupe d’intérêts et d’une certaine élite socio-économique.

13. Nous restons toujours préoccupés par la corruption. Son ampleur et son ancrage au plus haut niveau de l’appareil de l’Etat constituent un handicap pour le développement économique et social de notre pays. L’Eglise catholique, déjà engagée dans la lutte contre la corruption, offre sa disponibilité au Gouvernement en vue d’une synergie d’efforts pour combattre ce fléau.

14. Dans le cadre de ce combat, la signature du traité d’adhésion à l’OHADA3 est un signal positif pour la sécurité des affaires dans notre pays. La RD Congo a tout à gagner en déposant l’instrument de ratification de ce traité dans les meilleurs délais.

3 L’Organisation pour l’Harmonisation des Droits des Affaires. 4 Initiative pour les Pays Pauvres Très Endettés. 5 Cf. Mgr Laurent Monsengwo, Un dialogue positif et consensuel, communication de la CENCO, Kinshasa, le 15 mai 2006, n° 8.

15. La CENCO apprécie les efforts fournis par le Gouvernement pour l’atteinte du point d’achèvement de l’I-PPTE4. Elle souhaite voir les retombées de l’annulation de la dette affectées réellement et en priorité dans les secteurs-clefs de l’éducation, de la santé et des infrastructures sociales. Dans un dialogue franc et sincère avec le Gouvernement, l’Eglise catholique est disposée à s’impliquer dans la mise en oeuvre de ces retombées budgétaires. Nous remercions le Premier Ministre qui, au nom de son Gouvernement, a accepté de dialoguer et d’examiner avec l’Eglise catholique l’opportunité et les modalités d’un partenariat de collaboration dans ces secteurs.

QUAND SONNERA L’HEURE DES ELECTIONS 16. Les regards de tous les congolais sont maintenant tournés vers les élections qui pointent à l’horizon. Quand viendra l’heure des élections, l’impératif doit être clair : que tout se déroule dans le respect strict de la loi électorale, la vérité et la transparence, sans fraude ni manipulation, dans l’apaisement, à l’exclusion de toute dérive autocratique et de toute forme de violence d’où qu’elle vienne5.

17. Il incombe à la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI) dont la composition et la répartition des fonctions entre ses membres doivent garantir l’impartialité et l’objectivité des résultats, de mettre tout en oeuvre pour que les élections se déroulent suivant - 4 - 4 le calendrier promulgué et dans les meilleures conditions. Ses membres doivent remplir leur mission dans la liberté, en conscience et devant Dieu, sans aucune forme de contrainte ou de pression interne et externe. De leur comportement dépendra, en grande partie, une issue heureuse des résultats des urnes.

18. C’est la responsabilité du pouvoir organisateur de veiller au nombre suffisant des bureaux de vote, à la disponibilité de la logistique, au bon déroulement des opérations de vote et de dépouillement. Nous devons tirer les leçons des élections passées en limitant au maximum les cas d’irrégularité, de manipulation ou de fraude qui avaient été signalés, notamment la destruction du matériel des campagnes ou du scrutin, les omissions dans la compilation des résultats, la publication des résultats dans un climat tendu, les violences diverses entre membres de différents partis.

19. Il est du devoir du même pouvoir organisateur de garantir les mêmes droits dans l’accès aux médias de l’Etat et la liberté d’expression à toutes les tendances politiques sans aucune discrimination.

RECOMMANDATIONS
20. Les élections dans beaucoup de pays d’Afrique ont souvent donné le spectacle déplorable de violences, de contestations et de troubles divers. La CENCO prie et espère que la RD Congo saura tirer les conséquences de toutes ces expériences malheureuses pour s’engager résolument sur la voie d’élections libres et démocratiques en vue d’un Congo uni, fort et prospère.

21 C’est à la lumière de cet enjeu de taille que devra s’opérer le choix des hommes dont la RD Congo a besoin pour présider au destin de sa population durant les années à venir. A cet effet, nous recommandons :

  • A la population de redoubler de vigilance pour ne pas vendre sa conscience en échange de cadeaux et dons divers de la part de ceux qui les lui apportent en ce temps crucial, ni céder à la tentation du tribalisme ou du régionalisme ; elle devra s’impliquer d’une manière responsable dans le processus électoral ;
  • Au Gouvernement de sécuriser la population et de prendre toutes les dispositions pour que le trésor public ne soit pas détourné aux fins de la campagne électorale ;
  • A la police nationale et aux forces armées de garder leur caractère apolitique et républicain6 et de faire preuve de neutralité et de patriotisme, en évitant toutes formes de violence avant, pendant et après les élections ; 6 Constitution de la République Démocratique du Congo, articles 183 et 188. Aux acteurs politiques de faire preuve de grande culture démocratique et de s’abstenir de toute forme de violence à l’égard de leurs adversaires politiques et de proposer des projets de société capables de promouvoir la RD Congo ; - 5 – 5
  • Aux professionnels des médias, conformément au code de déontologie de leur métier, de « ne pas déformer, dénaturer ou fausser, par leur formulation, par insistance, grossissement, omission ou manipulation, les opinions d’autrui, les titres ou les commentaires des articles qui doivent être traités avec impartialité et bonne foi »7 ; 7 Observatoire des Médias Congolais (OMEC), Code de déontologie des journalistes en RDC, Gret, Kinshasa 2005, article 9. 8 Cf. Déclaration du Comité permanent de la CENCO sur le comportement des ecclésiastiques face aux échéances électorales en RD Congo, Kinshasa, 10 décembre 2010, 1. 9 Cf. Congrégation pour le Culte divin et la Discipline des sacrements, Instruction Redemptionis sacramentum sur certaines choses à observer et à éviter concernant la Très Sainte Eucharistie, Cité du Vatican, 2004, n°78. 10 Cf. La justice dans le monde. Déclaration du Synode des Evêques de 1971 sur la justice (Doc cath, n° 1600), p. 12.
  • A la Communauté internationale d’accompagner la jeune démocratie congolaise en lui assurant l’appui logistique nécessaire pour la bonne tenue des élections et en déployant le moment venu des observateurs internationaux sans parti pris ;
  • Aux ecclésiastiques en RD Congo de ne pas participer activement aux partis politiques et associations à caractère politique, ainsi qu’à la direction des institutions étatiques, quel qu’en soit le niveau, chargées d’organiser les élections 8 ; de ne faire allégeance à aucun parti politique;
  • Au clergé, en particulier, de réserver la chaire de vérité à la prédication de la Parole de Dieu et de l’enseignement social de l’Eglise ; de ne jamais accorder la parole aux acteurs politiques pendant les célébrations eucharistiques pour battre campagne.9

CONCLUSION

22. L’Eglise catholique, fidèle à sa mission évangélisatrice et au souci de promotion humaine intégrale qui en fait partie intégrante 10, accompagnera par la prière, la formation à l’éducation civique, ce processus électoral dont dépend l’avenir de la Nation congolaise.

23. Nous souhaitons tous que les prochaines élections se déroulent dans la transparence, la vérité et la paix pour inscrire notre pays dans le registre des nations respectables et dignes. Nous sommes convaincus que ce pari peut être gagné mais il faut un sursaut national et une véritable metanoia, un changement de cœur, de mentalité et de pratiques.

24. Nous confions la réussite du processus électoral à l’intercession de la Vierge Marie, Notre Dame de la paix, pour que s’élève un Congo nouveau, où règne la paix et réside la justice.

Fait à Kinshasa, le 25 février 2011

                        

République démocratique du Congo (RDC) / Une absence notable de progrès dans la réforme du secteur de la sécurité

République démocratique du Congo (RDC) /
Une absence notable de progrès dans la réforme du secteur de la sécurité

KINSHASA, République démocratique du Congo (RDC), 3 avril 2009/African Press Organization (APO)/ — Point de presse quotidien du bureau de la porte-parole du secrétaire général de l’ONU / 2 avril 2009

Le Secrétaire général a rendu public, aujourd’hui, son dernier rapport sur la RDC.  Dans ce document, il appelle de nouveau les membres du Conseil de sécurité et les pays contributeurs de troupes à fournir les moyens nécessaires, y compris les moyens de renseignements aériens et les formateurs militaires, afin de renforcer la force de la Mission de l’Organisation des Nations Unies en République démocratique du Congo (MONUC), qui est déjà surexploitée.

Le Secrétaire général indique aussi qu’il y a une absence notable de progrès dans la réforme du secteur de la sécurité, due en grande partie à la crise dans le nord-est.

M. Ban Ki–moon constate également que les efforts visant à mettre fin à la présence dangereuse des rebelles rwandais des Forces démocratiques pour la libération du Rwanda (FDLR) et la récente intégration des groupes armés congolais dans l’armée nationale offre une perspective unique pour le pays.  Il suggère que les progrès dans la reforme du secteur de la sécurité demeurent la priorité absolue.

SOURCE : United Nations – Office of the Spokesperson of the Secretary-General

 

L'UE condamne les viols en RDC et presse Kinshasa de protéger les femmes

27/08/2010 à 15h:48 | AFP
L'UE condamne les viols en RDC et presse Kinshasa de protéger les femmes L'UE condamne les viols en RDC et presse Kinshasa de protéger les femmes © AFP

La chef de la diplomatie de l'UE Catherine Ashton a fait part vendredi de sa "profonde indignation" suite aux récents cas de viols dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC) et demandé à Kinshasa de "déployer tous ses efforts" pour protéger les populations.

Mme Ashton et le commissaire européen à l'aide au développement, Andris Piebalgs, "font part de leur profonde indignation et consternation à la suite des attaques et des viols de masse perpétrés par les FDLR (Forces démocratiques de libération du Rwanda) et les groupes armés congolais alliés dans la province du Nord Kivu (groupes Maï Maï) en RDC du 30 juillet au 4 août", indique un communiqué commun.

"Ces événements mettent une fois de plus en évidence une stratégie caractérisée par une méthode criminelle systématisée et l'utilisation des violences sexuelles comme véritables armes de guerre", estiment Mme Ashton et M. Piebalgs.

Ils "demandent au gouvernement de Kinshasa de déployer tous ses efforts pour assurer la protection des populations et la fin de l'impunité, comme il s'y était engagé via l'adoption de la Stratégie nationale de lutte contre les violences basées sur le genre adoptée en novembre dernier", ajoute le communiqué.

L'UE estime également que ces violences "rendent nécessaire l'accélération de l'engagement de la communauté internationale et de la Monusco (mission des Nations unies en RDC) en particulier auprès des autorités congolaises afin de poursuivre la consolidation de l'autorité de l'Etat et notamment de la sécurité dans la région".

"La Haute Représentante et le commissaire Piebalgs saisissent cette occasion pour saluer la décision du Secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, d'enquêter sur ces faits, ainsi que l'importance du mandat de la représentante spéciale pour la violence sexuelle dans les conflits armés, Mme Wallström", ajoute le communiqué.

M. Ban a chargé Margot Wallström de se rendre en RDC.

L'ONU avait révélé lundi qu'au moins 179 femmes de la province du Nord-Kivu (est) avaient été victimes, du 30 juillet au 3 août, de viols attribués notamment à des éléments des rebelles hutus rwandais des FDLR. Ceux-ci ont démenti jeudi être impliqués dans ces viols. M. Ban s'était déclaré "scandalisé" mardi par ces crimes.

 

 

RDC, violence sexuelle 

26 août 2010

Le viol de civils congolais représente « une horrible attaque », dit Mme Clinton

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 Une image de Madame Hillary Clinton à Goma devant l’hopital

Par Stephen Kaufman
Rédacteur

Washington - Les informations selon lesquelles de 150 à 200 femmes et enfants ont été violés par les forces rebelles en République démocratique du Congo (RDC) ont suscité de la part de la secrétaire d'État, Mme Hillary Rodham Clinton, l'engagement que les États-Unis feraient tout ce qui est en leur pouvoir pour œuvrer de concert avec les Nations unies et les responsables du gouvernement congolais afin de faire traduire les coupables en justice et de créer un climat sûr pour toute la population civile de l'est de la RDC.

Selon les médias, des centaines de soldats des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) et des éléments de la milice maï-maï locale ont saisi le contrôle de Luvungi et des villages avoisinants entre le 30 juillet et le 4 août et ont brutalement violé des femmes et même des bébés de sexe masculin pour ne quitter le secteur qu'après l'avoir pillé.

« Cette horrible attaque démontre de nouveau comment la violence sexuelle peut miner les efforts visant à rétablir et à préserver la stabilité dans les régions qui sont déchirées par des conflits mais aspirent à la paix », a dit Mme Clinton dans une déclaration faite le 25 août.

« Les États-Unis ont dénoncé à maintes reprises la violence sexuelle qui sévit à l'échelle endémique dans les zones de conflit de par le monde, et nous continuerons à nous dresser contre ce problème au nom de ceux qui ne peuvent pas le faire eux-mêmes », a-t-elle souligné.

Outre le tort qu'elle porte à ses victimes directes, la violence sexuelle « nous enlève et détruit notre dignité commune ; elle déchire le tissu social que nous formons ensemble tant qu'êtres humains ; elle menace les familles et les collectivités ; elle érode la stabilité sociale et politique, et elle mine le progrès économique », a ajouté Mme Clinton. « Ces torts, perpétrés en toute impunité contre des civils innocents qui ne jouent aucun rôle dans les conflits armés, nous empêchent tous d'aller de l'avant. »

Le 20 septembre 2009, Mme Clinton avait présidé, au Conseil de sécurité de l'ONU, à l'adoption de la résolution 1888 laquelle souligne l'importance des mesures visant à prévenir et à contrer la violence sexuelle en tant que tactique de guerre utilisée contre la population civile. À la suite des toutes dernières attaques, Mme Clinton a exhorté la communauté internationale à « élargir son action à cet égard en déployant des mesures ciblées pour protéger les populations locales de la violence sexuelle et sexospécifique et pour soumettre à la justice les responsables de telles atrocités ».

Plus de 5 millions d'êtres humains ont péri au cours du conflit en RDC remontant au milieu des années 1990 et qui demeure l'un des longs et meurtriers de l'Afrique subsaharienne. En 2009, près de 5.000 viols ont été déclarés dans la région des Kivu nord et sud, encore que leur chiffre réel soit sans doute nettement plus élevé, selon les informations de la presse. Les soldats de l'armée congolaise, insuffisamment formés et non rémunérés, sont souvent accusés d'être les pires auteurs de ces viols systématiques, mais on pointe également du doigt de hauts fonctionnaires congolais et des membres des forces de maintien de la paix des Nations unies en RDC.

Le Tribunal pénal international a entamé une action en justice contre deux anciens chefs rebelles de la RDC, Germain Katanga et Mathieu Ngudjolo Chui, ainsi que contre l'ancien vice-président de la RDC Jean-Pierre Bemba. Ils sont tous trois accusés de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité, dont des viols.

Lors de sa visite à Goma en août 2009, Mme Clinton a annoncé que les États-Unis affectaient 17 millions à l'aide aux survivants de viols et à la prévention de la violence sexuelle dans l'est de la RDC.

Ce financement permet d'apporter des soins médicaux, une aide psychologique et un soutien économique et juridique à 10.000 femmes des Kivu nord et sud. Une part des fonds va en outre à la formation de personnel soignant aux traitements chirurgicaux complexes dont ont besoin certaines survivantes de viol, notamment le traitement de fistules.

Condamnant les viols dans la région de Luvungi comme « un nouvel exemple grave tant du niveau de la violence sexuelle que de l'insécurité qui continuent à sévir en RDC », le secrétaire général des Nations unies, M. Ban Ki-moon, a annoncé l'envoi dans ce pays du numéro deux du département de maintien de la paix de l'ONU, Atul Khare, et demandé à la représentante spéciale de l'ONU pour la violence sexuelle en situation de conflit, Mme Margot Wallstrom, de prendre en main la réaction et le suivi de l'ONU au sujet de ces incidents, selon un communiqué diffusé le 24 août par le porte-parole du secrétaire général, M. Martin Nesirky.

Selon M. Nesirky, les casques bleus en poste dans le bureau du Nord-Kivu de la Mission de stabilisation des Nations unies en République démocratique du Congo (MONUSCO) n'ont appris que le 12 août la nouvelle de l'attaque.

 

Paix en RDC : les 7 pistes de l’Eglise catholique

Après 50 ans de rêve brisé d’un Congo plus beau qu’avant, l'Eglise Catholique revient à la charge. Plus qu’avant, elle engage les Congolais, gouvernants et gouvernés, à garder les yeux rivés sur l’avenir. Elle les exhorte à compter avant tout sur eux-mêmes. Et ce, pour faire face aux enjeux sécuritaires, politiques, économiques, diplomatiques, éthiques et spirituels. Ce credo se décline en 7 articulations.

Contre une vie politique s’inscrivant dans la logique d’un pouvoir contraire aux idéaux de l’indépendance et des sociétés démocratiques, l’Eglise catholique de la RDC élève la voix et proteste.

Contre une vie économique réduite à la logique de prédation et d’extraversion qui écarte les citoyens des préoccupations du pouvoir, aggravant la pauvreté de la multitude, les inégalités et la misère sociale, l’Eglise catholique redit son ras-le-bol.

Témoin de son époque par tradition, l’Eglise Catholique de la RDC ne dédaigne pas, depuis l’indépendance, de donner son point de vue sur la marche - chaotique incontestablement - des affaires de l’Etat. Loin de camper dans la critique facile – disons ‘politicienne’ - elle hausse le ton, à la manière du bon berger, pour montrer le chemin au peuple de Dieu et à ses gouvernants.

Bénéficiant d’un préjugé favorable au sein de la communauté tant nationale qu’étrangère, l’Eglise catholique saisit l’opportunité de la célébration du Cinquantenaire de l’accession du pays à sa souveraineté nationale et internationale, pour conscientiser davantage les Congolais, plus qu’avant.
C’est à leur attention que la Commission épiscopale Justice et Paix, émanation de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO), a élaboré le document intitulé « Rôle et perspectives de l’Eglise catholique dans la construction de la paix en RDC ». Un document récent, car datant du 29 juillet 2010.
Les Catholiques ont dégagé sept pistes qui, dans leur entendement, sont susceptibles de conduire le pays vers la paix. Et surtout à la consolider. Ci-après leurs propositions.

NOUVELLE MENTALITE.
La CENCO invite le peuple à se forger une nouvelle mentalité. Elle propose, à cet effet, de « raviver l’espérance de notre peuple et de travailler pour le changement de notre échelle des valeurs ». Ces valeurs, selon elle, sont : le respect de Dieu, de la vie et de la Loi fondamentale, le sens du bien commun, le sens de l’effort, la vérité et l’amour du travail.

EMERGENCE D’UN LEADERSHIP.
L’Eglise appelle de tous ses voeux « l’émergence d’un leadership plus visionnaire et dynamique» appelé à « défendre au mieux les intérêts du peuple congolais ». A cet effet, elle suggère « le devoir de revenir au sens de l’Etat et du bien commun ». C’est ainsi que la CENCO se dispose à accompagner les fidèles catholiques qui assument des responsabilités politiques à travers des aumôneries spécialisées.

L’ECONOMIE AU SERVICE DE L’HOMME.
L’Eglise propose de « promouvoir une économie au service de l’homme ». Une telle économie, dit-elle, « prend en compte les secteurs productifs comme l’agriculture et investit dans la santé, la nutrition et l’éducation ». L’Eglise invite tout le peuple « à s’acquitter du devoir civique et constitutionnel de payer l’impôt et les taxes ». Elle se déclare prête à collaborer avec le gouvernement dans la construction de la culture fiscale.

REFORME DE L’ARMEE.
Telle est l’autre préoccupation de l’Eglise catholique qui suggère que soient convoqués régulièrement les états généraux de l’armée, et que des moyens appropriés soient mis à disposition « pour une rémunération équitable » des appelés sous les drapeaux, ainsi qu’« une logistique conséquente ». Par ailleurs, l’Eglise presse le gouvernement à régler d’urgence les dossiers FDLR, LRA et autres ADEF-Nalu.

RESSOURCES NATURELLES.

La CENCO recommande « la mise en place d’un mécanisme rationnel d’exploitation des ressources naturelles ». Face à cet enjeu de taille, note le document, la CENCO préconise « l’élaboration d’un plan de gestion à long terme qui tienne compte des générations futures, l’harmonisation des lois promulguées pour éviter la conflictualité par rapport aux normes internationales, l’information et l’implication de la population dans la gestion des ressources naturelles afin qu’elle prenne conscience de ses responsabilités aux fins de combattre la corruption ».

DIPLOMATIE.
La CENCO soutient « l’ouverture du Congo à l’Afrique et au monde ». Mondialisation oblige. Néanmoins, elle exige que Kinshasa soigne sa diplomatie ainsi que ses relations avec ses voisins dans le respect du droit national et international.

EDUCATION.
La CENCO revient sur le chantier éducation. Elle exhorte le gouvernement à adopter une politique qui « replace l’éducation au coeur de nos priorités », car « une société sans école est une société sans avenir », conclut-elle.
Comme on le voit, l’Eglise catholique demeure toujours égale à elle-même, toujours égale à sa mission. Son discours ne froisse ni n’irrite personne. Il est complémentaire des allocutions politiques. Quoi de plus citoyen que de se l’approprier ! Et surtout, d’entreprendre son application.
 

 

29-07-2010                      
par Régine Kapinga Kabwe

Katanga : les défenseurs des droits de l’Homme travaillent la peur au ventre

(Syfia Grands Lacs/Rd Congo) Au Katanga dans le sud-est de la Rd Congo, les défenseurs des droits de l’Homme affirment travailler la peur au ventre. Arrêtés, menacés, parfois torturés et accusés de livrer de fausses informations sur le pays, ils n’entendent pas renoncer à leur action qui, disent-ils, fait avancer la démocratie.

"Qui sera la prochaine victime après Floribert Chebeya ?" C’est la question que la plupart des défenseurs des droits de l’Homme se posent au Katanga, la riche province minière au sud-est de la Rd Congo. Dans leur travail quotidien, chacun d’eux affirme avoir été au moins une fois arrêté, parfois torturé et régulièrement menacé par des messages téléphoniques anonymes. Ils travaillent de manière permanente la peur au ventre, mais restent déterminés à avancer. "Défendre les droits de l’Homme est un sacrifice. Quand on a commencé on ne peut plus arrêter, jusqu’à faire triompher la vérité", explique Pr. Phinnées Yumba de la Commission de vulgarisation des droits de l’Homme (CVDHO).
Ces activistes disent jouer un rôle important dans la bonne marche du pays. Et lorsque l’un d’eux tombe, assassiné, "ça veut dire que le pays recule, la démocratie est en péril", regrette Emmanuel Umpula Nkumba, directeur exécutif de l’Ong Actions contre l’impunité pour les droits humains (ACIDH). Après la mort de Chebeya, il affirme que ce n’est pas en procédant ainsi que les ennemis de la démocratie arrêteront l’idéologie pour laquelle ils combattent. "Il y aura [peut-être] d’autres Chebeya, mais on ne tuera pas tout le monde d'ici à ce que notre pays soit compté parmi ceux qui reconnaissent et appliquent les droits de l’Homme", déclare-t-il.

"On ignore notre rôle"
Pris tantôt pour des ennemis ou opposants au pouvoir, informateurs de la communauté internationale, fauteurs de troubles, les activistes des droits de l’Homme racontent les pires misères qu’ils connaissent dans l’exercice de leur travail. D’abord dans le reniement même du boulot qu’ils font. "On nous reconnaît le droit d’exister mais on ignore notre rôle", s’étonne à ce sujet Emmanuel Umpula. Quand leurs Ong publient des communiqués et dénoncent des violations des droits de l’Homme, ils sont souvent accusés d’alerter l’Occident.
En 2006, Pr. Phinnées témoigne avoir par deux fois été contraint de vivre dans la clandestinité, par peur de représailles de la part de certains agents des services de renseignements qui traquaient des gens la nuit dans des bars et hôtels de Lubumbashi (capitale provinciale). Cet activiste constate que quand ils font des dénonciations, le pouvoir promet parfois souvent d’agir mais ne fait rien. "Quand vous vous attaquez aux géants des mines qui polluent l’environnement, l’Etat fait la sourde oreille", dit-il, tout en notant que la justice reste dépendante au Katanga.

A propos de l’administration de la justice, les dénonciations des arrestations arbitraires de petites gens sans défense sont courantes. Selon le directeur de l’ACIDH, de nombreuses personnes sont arrêtées pendant des mois sans être jugées. "Quand nous les assistons, l’Etat pense que nous nous mêlons des dossiers qui ne nous concernent pas !", affirme Emmanuel Umpula qui dit avoir passé une demi-journée avec six de ses collègues, dans un cachot des services de renseignements, pour avoir tenté de défendre un des leurs qu’on voulait transférer à Kinshasa. "Après quelques chicottes et tortures, nous avions été libérés nuitamment et le transfert avait été annulé", se félicite-t-il.

Poursuivis pour fausses informations
Souvent traqués, les défenseurs des droits de l’Homme sont aussi parfois contraints de dissimuler leurs numéros de téléphone, utilisés par ceux qui les menacent. Recherché nuit et jour par des inconnus à son bureau, chez lui à domicile et chez des proches, Phinnées Yumba affirme notamment avoir changé de numéro qu’il affichait dans des communiqués de presse. "Ils menaçaient de me faire du mal si je persistais à dire des vérités dans un dossier qu’ils estimaient sensible."

L’Agence nationale de renseignements (ANR) accusée de traquer et de procéder tout le temps à des arrestations arbitraires des défenseurs des droits de l’Homme, s’en défend. "Toute arrestation n’est pas arbitraire", explique Gédéon Madjunda wa Madjunda, du Bureau 2 de l’ANR. Pour lui, en cas d’infractions portant atteinte à la sécurité de l’Etat ou à l’intégrité du territoire, "suivre la procédure de convocation peut amener la personne suspectée à fuir sans donner les informations dont on a besoin." "Nous poursuivons les défenseurs des doits de l’Homme quand les informations qu’ils prétendent être vraies s’avèrent fausses", ajoute-t-il.

Se plaignant d’être mal compris, les activistes veulent voir l’Etat faire un pas en avant dans la reconnaissance et l’application des textes juridiques qui affirment le respect et la défense des droits de l’Homme, parmi lesquels la Constitution du pays.

 

 

Les minerais du Congo surveillés dans les téléphones américains

NEW YORK (AP) — Votre téléphone mobile a-t-il fait couler le sang en Afrique? Les Américains devraient bientôt le savoir, une nouvelle loi obligeant les fournisseurs à révéler si leurs produits contiennent des minerais provenant de mines contrôlées par la rébellion au Congo-Kinshasa ou dans la région.

Cette démarche vise à priver les rebelles de fonds et les pousser à déposer les armes, avec le risque qu'un boycott ne prive des centaines de milliers de Congolais de leurs maigres revenus et ne déstabilise la fragile économie locale.

"Pour beaucoup de gens, c'est le seul moyen de subsistance", a prévenu Sara Geenen, chercheuse à l'université d'Anvers en Belgique, qui revient d'un voyage dans les deux provinces du Kivu, dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC).

Sont concernés par cette loi trois minéraux industriels: l'étain, le tantale et le tungstène, mais aussi l'or. L'étain est utilisé pour souder les composants électroniques du téléphone, et le tantale dans les condensateurs, élément vital en électronique. Le tungstène sert notamment à faire vibrer le cellulaire.

L'exportation de ces métaux depuis la RDC fait l'objet d'une campagne de mobilisation orchestrée par plusieurs organisations non gouvernementales (ONG) depuis quelques années, un combat qui a porté ses fruits avec la mention des "minéraux de conflit" dans la loi sur la réformes de la finance promulguée la semaine dernière par le président Barack Obama.

Si le Congo-Kinshasa dispose de vastes réserves de minerais, la pauvreté et la guerre font que l'extraction et le traitement restent manuels, et que la production est donc faible. Au total, le pays a produit 5% de l'étain mondial en 2008, selon l'institut de recherche spécialisé ITRI.

La quantité produite au Congo semble faible selon les critères internationaux mais ces minerais représentent une manne pour l'économie locale: ils feraient vivre un million de personnes, avance Nicholas Garrett, un consultant payé par les gouvernements néerlandais et britannique pour étudier la question.

Les associations de défense des droits de l'Homme, les Nations unies et les chercheurs tels que Sara Geenen reconnaissent que les mines financent les groupes rebelles, les milices et les éléments corrompus de l'armée congolaise, mais pour les universitaires, les associations ont trop insisté sur le lien entre minerais et violence.

"Les minerais sont utilisés pour financer la lutte armée, mais il ne s'agit pas de combats pour le contrôle des mines", analyse Laura Seay, maître de conférence en sciences politique à l'université Morehouse à Atlanta, et spécialiste de la RDC. Les affrontements ont pour enjeu les droits sur la terre, le statut des réfugiés et les milices venues du Rwanda voisin qui ont afflué après le génocide de 1994, selon elle.

Sasha Lezhnev, consultante pour l'organisation Enough Project qui milite pour empêcher de nouveaux génocides, reconnaît que les combats n'avaient pas pour origine les minerais, mais estime que les choses ont changé depuis. "Les minerais sont à la fois le principal motif et le carburant qui alimentent les flammes dans l'Est aujourd'hui. L'un des principaux résultats des opérations militaires de l'année dernière a été qu'un groupe armé a pris à l'autre le contrôle de minerais."

La loi américaine n'interdit pas le commerce des minerais de cette région mais impose aux entreprises de dire chaque année si leurs produits contiennent un des quatre "minéraux des conflits" du Congo-Kinshasa ou de neuf pays de la région par lesquels ils pourraient transiter pour être "blanchis".

S'il apparaît que des minerais proviennent d'un des dix pays concernés, les entreprises devront déterminer "avec la plus grande précision possible" la mine d'origine.

Mais elles pourront aussi apposer sur leurs produits l'étiquette "sans conflit" si elles arrivent à prouver qu'ils ne contiennent aucun minerai ayant directement ou indirectement financé ou aidé des groupes armés dans un des dix pays.

Le consultant Nicholas Garrett s'inquiète de ce que les entreprises vont choisir la solution de facilité en renonçant aux minerais de cette région.

Sasha Lezhnev reconnaît que la fin des exportations ferait plus de mal que de bien, mais le but d'Enough Project est de mettre en place une traçabilité de toute la chaîne et une certification de l'origine des minerais. De cette façon, plaide-t-elle, les acheteurs pourront continuer de se fournir auprès de mines "propres". AP

ljg/v7/st

 

 

Loi américaine sur le trafic illicite des minerais: RDC, les groupes armés dans le collimateur

Le chargé d’affaire de l’ambassade des Etats-Unis en RDC s’est entretenu avec la presse, vendredi 23 juillet à Kinshasa, sur une loi contre le commerce illicite des minerais promulguée, mercredi, par le président Obama.

Ce texte oblige les entreprises de publier leurs revenus ainsi que les paiements fiscaux qu’elles adressent aux gouvernements du monde entier.

Cette loi de 2500 pages, appelée «fin ncial reform act», contient une disposition concernent la RDC.

Elle exige des compagnies, dont les produits contiennent de la cassitérite, du coltan, du wolframite et de l’or, de faire clairement savoir si elles se procurent ces minerais en République démocratique du Congo (RDC) ou dans un pays voisin.

Ces compagnies se devront ainsi de préciser les mesures qu’elles ont prises pour éviter que ces minerais proviennent de groupes armés opérant en RDC.

Cette disposition particulière sur les minerais congolais, a précisé le diplomate américain, est une façon pour son pays de marquer sa contribution à lutte contre les groupes armés et le commerce illicite des minerais en RDC.

Copyright Radio Okapi

 

RDC: Là où les murs des écoles sont en plastique

KIWANJA, 22 juillet (IRIN) - Il fait beau, aujourd'hui, à l'école primaire de Mashango, dans la province du Nord-Kivu, en République démocratique du Congo (RDC). C'est une bonne nouvelle pour Dusaba Mbomoya, institutrice, qui donne une interrogation de géographie sous un toit rongé de trous, dans une salle de classe dont les murs, en morceaux de plastique, claquent au vent. Ici, même le tableau est percé de trous si larges que les élèves peuvent regarder au travers.

« Lorsqu'il pleut, nous autorisons les élèves à rentrer chez eux », a expliqué Mme Mbomoya. Ceux qui veulent rester à l'école le temps que la pluie cesse de tomber se réfugient parfois dans les latrines, construites récemment par un organisme international.

La situation déplorable de Mashango se reflète dans d'autres écoles des quatre coins de la RDC. Elle est la conséquence de la guerre, mais aussi du manque chronique de fonds accordés au système éducatif - à peine huit pour cent du budget national annuel est alloué à l'éducation, selon la Banque mondiale. Mashango n'a ni eau, ni électricité, et ne dispose que de quelques livres. La plupart de ses salles de classe sont obscures et tombent en ruines, et le matériel d'enseignement y est limité.

Face au désengagement du gouvernement, Save the Children estime que les parents sont contraints de financer 80 à 90 pour cent de l'enseignement public hors de Kinshasa, la capitale, et ce alors qu'en vertu de la Constitution adoptée en 2006 par la RDC, l'éducation élémentaire est censée être gratuite.

Les salaires des enseignants ne sont pas versés : les parents doivent donc contribuer à rémunérer ces derniers par le biais de frais de scolarité mensuels d'un montant d'environ cinq dollars par élève.

Les familles étant nombreuses et le revenu mensuel moyen atteignant à peine 50 dollars, ces frais de scolarité sont tout simplement inabordables pour de vastes segments de la population congolaise - avec les graves conséquences que cela implique. Selon les estimations de Save the Children et d'autres, près de la moitié des enfants congolais, soit plus de trois millions d'entre eux, ne sont pas scolarisés et un enfant sur trois n'a jamais franchi le seuil d'une salle de classe.

Selon les statistiques 2008 de la Banque mondiale, le taux d'inscription à l'école primaire atteint 58 pour cent, et le taux d'abandon au cours de la première année s'élève à 20 pour cent. Seuls 29 pour cent des élèves de RDC valident leurs six premières années scolaires.

Venant Nkunda Banyanga, directeur de l'établissement d'enseignement secondaire Kasasa de Kiwanja (dans la province du Nord-Kivu, à une centaine de kilomètres de Goma), compatit avec les parents qui n'ont pas les moyens d'envoyer leurs enfants à l'école. Mais il ne peut tout simplement pas garder les élèves qui ne paient pas.

« Les enseignants sont censés toucher 50 dollars par mois, mais si l'on nous en verse 40, on peut déjà s'estimer heureux, et ce sont les parents qui nous les payent », a-t-il dit ; en outre, a-t-il ajouté, les parents d'élèves qui n'ont pas les moyens de s'acquitter des frais de scolarité se montrent parfois agressifs envers les enseignants. Certains ont été agressés.

Les recherches de Save the Children ont révélé que le salaire des enseignants était tellement bas et tellement irrégulier que nombre d'entre eux avaient d'autres emplois, entre autres dans le secteur de l'agriculture, ce qui les éloignait des salles de classe et de leurs élèves.

La situation est particulièrement grave au Nord-Kivu, où des centaines de milliers de personnes ont été déracinées par plusieurs années de guerre. Certains habitants vivent dans des camps de déplacés ; c'est le cas de Laurent Rumvu, dont aucun des cinq enfants en âge d'être scolarisés ne va régulièrement à l'école. N'ayant pas de travail, M. Rumvu n'a tout simplement pas les moyens de les scolariser.

« Nos enfants ne vont pas à l'école. Nous n'avons pas assez d'argent pour payer les frais de scolarité », a déclaré Laurent Rumvu, qui vit depuis 2008 dans un camp pour personnes déplacées à Kiwanja, sur le territoire de Rutshuru.

Saccagées

Les écoles de la région sont restées fermées pendant plusieurs mois fin 2008 et début 2009, lorsque des affrontements entre les soldats rebelles du Congrès national pour la défense du peuple (CNDP - aujourd'hui converti en parti politique) et l'armée congolaise ont éclaté, semant le chaos au Nord-Kivu. Les écoliers ont été recrutés de force dans les écoles par les milices et l'armée, qui ont en outre abattu ou enlevé des élèves et des enseignants, selon le Fonds des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF). Les écoles ont été saccagées et nombre d'entre elles ont été occupées soit par des soldats, soit par des personnes déplacées.

A Mashango, Muhindo Mulenda, le directeur, a expliqué que des personnes déplacées dormaient dans les salles de classe le soir, quittant les lieux durant la journée pour permettre aux élèves de poursuivre leurs leçons. Les déplacés ont brûlé des pupitres et des chaises pour faire du feu, contribuant ainsi au délabrement des lieux, déjà en piteux état. Après la guerre, a-t-il dit, l'école comptait 120 élèves en moins.

A Kasasa, les soldats du CNDP ont occupé l'école pendant plusieurs semaines, accaparant des livres et causant des dégâts. Certains élèves ont été tués pendant les affrontements, d'autres ont subi des traumatismes, selon M. Nkunda. « Evidemment, la guerre a eu des répercussions », a-t-il affirmé. « Imaginez aller à l'école après le meurtre de vos parents ».

Scolariser de nouveau les enfants déplacés est une priorité pour les organismes internationaux, notamment le Norwegian Refugee Council (NRC). Pour Ulrika Blom Mondlane, directrice nationale de l'organisme en RDC, l'école préserve les enfants de la violence et de la maltraitance, et procure un sentiment de normalité à ceux qui ont été déracinés.

Pour aider les enfants déplacés à rattraper leurs camarades, le NRC offre un programme intensif de travaux dirigés à l'attention des personnes déplacées âgées de 13 ans et plus. L'organisme a également construit 15 écoles et formé des professeurs recrutés au sein même des camps pour enseigner aux enfants déplacés.

« L'éducation est extrêmement importante pour l'avenir du Congo », a expliqué Mme Mondlane. « Compte tenu du grand nombre d'enfants déplacés, il est extrêmement important d'investir dans l'éducation en cette période de crise humanitaire ».

« Un mauvais gouvernement »

Shirambere Tibari Menya, 22 ans, est étudiant à Kasasa ; il a perdu quatre années de scolarité à cause de la guerre.

Au cours des affrontements de 2008, le jeune homme a fui pour se réfugier en Ouganda ; il aura bientôt validé sa dernière année d'enseignement secondaire. Mais il lui reste un obstacle à surmonter : une série unique d'examens de fin d'études que tous les élèves de RDC doivent passer pour obtenir leur diplôme. M. Menya est convaincu qu'il les réussira et souhaite entreprendre, par la suite, des études de médecine ; toutefois, a-t-il dit, sa famille n'a pas les 12 dollars requis pour pouvoir passer les examens.

« Je n'accepte pas de devoir perdre encore un an, mais vous voyez bien que nous étudions dans des conditions déplorables », a-t-il déclaré. « La principale activité de nos parents est d'aller dans les champs, mais ils se font violer et agresser, alors nous avons un problème de nourriture et nous n'avons pas d'argent ».

« C'est la faute du gouvernement. Nous sommes dans un mauvais pays, dirigé par un mauvais gouvernement ».

M. Nkunda, directeur de l'école secondaire de Kasasa, a lui aussi accusé le gouvernement d'être responsable des problèmes du système éducatif. « Pourquoi le gouvernement ne me paie-t-il pas ? Je n'ai qu'une seule paire de chaussures », a-t-il dit, en désignant du doigt ses vieux souliers marrons.

M. Nkunda s'est dit inquiet des répercussions d'un système éducatif congolais en difficulté et de toutes les perturbations actuelles sur la jeune génération. « C'est vraiment dommage », a-t-il déploré. « Ils décrocheront peut-être des emplois, mais ne seront pas des travailleurs compétents car leur niveau intellectuel est réduit ».

lc/cb/nh/ail

L’enquête sur la mort du militant des droits de l’homme Floribert Chebeya piétine

Floribert Chebeya, président de l'ONG congolaise Voix des sanx-voix.
Floribert Chebeya, président de l'ONG congolaise Voix des sanx-voix.
Par RFI

L'enquête sur la mort de Floribert Chebeya est au point mort, selon la famille de ce militant congolais des droits de l'homme, tué début juin. Des doutes se manifestent aussi au sujet de la tenue d’un procès, malgré l’arrestation de plusieurs suspects.

Cela fait plus d'un mois et demi que le militant congolais des droits de l'homme Floribert Chebeya, 47 ans, est mort d'un arrêt cardiaque, après avoir été victime de mauvais traitements. Son corps a été retrouvé début juin dans la voiture qui le transportait, conduite pas son beau-frère Fidèle Bazana qui est toujours porté disparu. Une autopsie a été réalisée le 11 juin dernier par des experts néerlandais. Certains suspects auraient été arrêtés et des personnalités pourraient être entendues, mais ne le sont pas. A Kinshasa aucune information ne filtre. C’est l’inquiétude au sein de l’opinion : à quand, donc, le début du procès du meurtre du dirigeant de la Voix des sans-voix ?

Après la publication des résultats de l’autopsie, d’aucuns pensaient que les choses devaient aller plus vite. Surtout qu’il a été démontré que le directeur exécutif de la Voix des sans-voix est mort après avoir subi des violences. Il existe des preuves que les exécuteurs ont tenté de maquiller le meurtre et même d’orienter les faits. Plus important encore : le silence observé, jusqu’ici, sur le sort de Fidèle Bazana, le beau-frère et chauffeur de Floribert Chebeya, disparu le 1er juin dernier, après avoir été convoqués à l’inspection générale de la police à Kinshasa.

Suspectés dans cette affaire, une quinzaine de policiers se trouvent déjà aux arrêts. Ils ont été mis à la disposition de l’auditorat militaire par le Parquet général de la République. Certains d’entre eux seraient même passés aux aveux, impliquant également la haute hiérarchie de la police nationale. Mais le numéro un de la police congolaise, John Numbi, est pour le moment suspendu à titre conservatoire et consigné chez lui.

La famille de Floribert Chebeya, les activistes des droits de l’homme et plusieurs représentants de la communauté internationale commencent à s’interroger et s’inquiètent des conditions opaques dans lesquelles se déroule l’enquête.

 

Par Guy De Boeck, ©CongoForum, le mardi 20 juillet 2010

20/07/10 / REVUE DE LA PRESSE CONGOLAISE DE CE MARDI (CongoForum)

Suivant l’expression consacrée, nous avons droit aujourd’hui à un « large éventail de titres » : Elections, campagne électorale anticipée, Réaction du Palais royal belge par rapport aux rumeurs sur le cadeau d’Olive Lembe, léthargie dans les travaux de la modernisation de Kinshasa, insécurité au Nord-Kivu, profanation de  tombeaux à Kinsuka...

 

Le « collier de la Reine »

Le Palmarès rapporte la réaction du Palais royal belge à propos des rumeurs autour du cadeau que la première dame de la Rdc a donné à la reine Paola. En effet, réagissant contre les allégations de l’hebdomadaire « Le Soir Mag », le Palais royal belge a contesté la valeur fantaisiste accordée au cadeau d’Olive Lembe. D’après le magazine, citant un joaillier belge, les bijoux offerts à la reine Paola coûteraient un minimum de 200 mille euros. Selon le porte-parole du Palais, ce montant est largement exagéré. Et Le Palmarès de s’interroger : « Où va la Belgique lorsque la spéculation commence à inventer des chiffres ? ».

(Ce commentaire mène surtout à se demander où va le Congo quand ceux qui sont supposés informer ne comprennent rien aux faits dont ils parlent.
S’il y a quelque chose de fantaisiste, dans tout cela, c’est sans doute le message du Palais. La réaction du « Soir Mag » : aller interroger un bijoutier, était assez logique. Où allez-vous quand vous voulez connaître la valeur d’un bijou ? Dans une charcuterie ? Le bijoutier interrogé a d’ailleurs pris la précaution de dire qu’on ne peut donner une estimation sérieuse sans examiner les parures, et qu’il se donnait à donner une estimation minimum. Jusqu’à preuve du contraire, son avis est plus valable que celle du « Palais », terme grandiloquent pour désigner un secrétariat comme un autre, c'est-à-dire un ensemble de gens n’ayant nulle compétence en bijouterie.
La question est ailleurs, ou plutôt LES questions, car il y en a une qui regarde les Congolais, et l’autre, les Belges.

Du côté congolais, il est étonnant que personne n’ait tiqué sur un élément cité dans la « guerre de communiqués » qui a suivi ce cadeau. Il a été révélé que JK lui-même avait offert comme « cadeau officiel » une montre au logo du 50naire. Le cadeau de Mme Kabila « à titre privé » était la fameuse parure. Mais ce n’était nullement un privilège exclusif de la Reine Paola. Un cadeau semblable a été fait à toutes les Premières Dames présentes. Le « petit cadeau privé » multiplié par le nombre de reines ou présidentes présentes représente donc, même dans l’estimation modeste du bijoutier bruxellois une somme qui dépasse le million d’euros,  cependant que  plus de la moitié de la population souffre de malnutrition chronique, que le peuple pleure plus de six millions de morts massacrés dans l’indifférence totale, que des centaines de milliers de femmes violées, des hommes mutilés, des enfants traumatisés….  et  plusieurs centaines de milliers de familles errent dans la forêt sans nourriture ni protection, parce que des étrangers sont venus prendre leurs terres de force, et alors que les fonctionnaires et les enseignants ne sont pas payés depuis plusieurs mois. Quand le contraste atteint une telle taille, les affaires « privées » deviennent publiques.

Du côté belge, outre le fait que ce « pourboire » met bien en évidence la fonction d’agent d’électoral qui était celle du Roi, on a trouvé fort de café, compte tenu de cette même situation, que la Reine ne se soit pas immédiatement dessaisie du bijou au profit d’une œuvre humanitaire active en RDC. La « Donation royale », en effet, n’est rien d’autre qu’une fiction juridique, par laquelle l’Etat  est nommément propriétaire de biens dont la Famille Royale se réserve l’usage exclusif. A l’origine, cette donation a d’ailleurs été créée par Léopold II… Tout un programme. NdlR)


Elections 2011

Après d’autres, Le Climat Tempéré entonne lui aussi l’antienne des cartes d’électeurs périmées. Il constate : « « Les anciennes cartes d’électeur sont tombées caduques. Tous les citoyens sont appelés à acquérir de nouvelles cartes d’électeur à la faveur de l’opération de révision du fichier électoral », a déclaré la semaine dernière, le vice-Premier ministre en charge de l’Intérieur, Adolphe Lumanu, au cours d’une matinée avec les présidents des partis politiques agrées.

La plupart des Congolais connaissent déjà cette nouvelle et attendent avec impatience le déploiement de la CEI sur le terrain, pour l’acquisition de la nouvelle carte d’électeur ».
Or, apparemment, sur le terrain la situation n’est pas idyllique : Les premières équipes de la CEI chargées  de la révision du fichier électoral ont certes été déployées depuis bientôt deux mois à travers  la province du Bas-Congo, mais les échos qui nous parviennent de cette province  sont loin d’être rassurants.
« Les kits électoraux déployés, déjà en nombre  insuffisant par rapport aux populations ciblées, tombent souvent en panne, parfois pendant des semaines entières. Les centres d’enrôlement connaissent fréquemment des ruptures de stock en carburant, et de temps en temps, le personnel observe un sit-in pour non paiement de sa prime. En conséquence, deux mois après son déploiement dans la province, la CEI n’a pas dépassé la moitié des enrôlés potentiels, alors qu’il ne reste plus qu’un mois pour boucler ses opérations dans cette  province.
Quand on sait que le Bas-Congo est la plus petite des provinces du pays en termes de population, et qu’elle dispose des voies de communications plus ou moins décentes par rapport à celles d’autres parties du pays, on imagine facilement le temps que pourront encore  prendre les seules opérations d’enrôlement.
La semaine dernière, la CEI a réceptionné la première partie d’un nouveau lot de 9.000 kits électoraux commandés par le gouvernement. Mais que représente une si petite quantité de matériels électoral au regard de l’étendue du territoire  national ?
 »

 

Campagne électorale

Nous avons déjà évoqué plus d’une fois cette forme de propagande non-officielle qui consiste à fourrer les mérites, la vision ou l’inspiration de Joseph Kabila partout, à tous propos et surtout hors de propos, laissant présager  pour 2011 l’annonce de miracles du genre « grâce à la pensée de JK, les poules donnent des œufs plus gros ! ». Cela n’a pas échappé à la rédaction du « Clipat Tempéré » qui titre « L’AMP en pleine propagande » et écrit :

« Dimanche 18 juillet: La Télé du Cinquantenaire, animée par M. Jean-Marie Kasamba, chargé de la «Visibilité des 5 chantiers», consacre une tranche à «Joseph Kabila: un parcours exceptionnel». Ce document présente l’itinéraire du chef de l’Etat, Joseph Kabila, sous plusieurs facettes: son accession au pouvoir, ses réalisations… A suivre le présentateur de ce documentaire, le bilan de Joseph Kabila à la tête du pays n’est que positif. Un point particulier concerne les «Cinq chantiers de la République», qui, selon la majorité au pouvoir, mène le pays vers la modernité. Mais, au plan social, les réalités du terrain se présentent autrement. L’on parle généralement de la grogne sociale et de l’accroissement de la misère. Cet aspect assombrit la propagande qu’entretient l’Alliance de la Majorité Présidentielle, AMP, qui devance l’opposition sur le terrain. Dans les salons politiques à Kinshasa, l’on déplore cette pratique parce que, disent les réfractaires, cette Télé du Cinquantenaire qui utilise la fréquence publique réservée à la chaîne de l’assemblée nationale, n’osera jamais diffuser les portraits des membres des partis politiques de l’opposition… ». 

Autre exemple : « Le même jour, Digital Congo, chaîne très proche du camp de la majorité,(Il faut présumer que cette formule est un trait d’humour : la société Mullti Media Congo dont dépendent tant le site que la TV Digitlcongo appartient à Jayet Kabila, sœur du Président ! NdlR) a réservé un large espace aux travaux de réhabilitation des routes dans la Province Orientale et le Nord-Kivu. Une fois de plus, le président de la République, Joseph Kabila, est en vedette. C’est lui l’auteur de ces ouvrages. Digital Congo évoque les axes Bunia-Niania-Kisangani, Bunia-Beni. Mais, des observateurs sont chagrinés de voir que l’on ne fait pas grand cas des bailleurs de fonds à la base de l’aménagement de ces voies de communication, à savoir les partenaires extérieurs. Les retombées économiques de ces routes sont palpables il est vrai. Des voyageurs précisent que la réhabilitation des tronçons routiers dans l’Est du pays améliore les échanges commerciaux dans cette région. Mais, on le sait, diverses équipes gouvernementales, dont le système «1+4», ont contribué à l’exécution de ces projets utilitaires pour le développement du pays. Il est mal placé qu’une propagande puérile veuille en attribuer le mérite à un homme seul aujourd’hui…  

Kinshasa

 

Au regard de la léthargie dans laquelle retombe la capitale après les fêtes du cinquantenaire, « Kabila invité à gérer le "cas Kinshasa" », titre à la Une Forum des As. Il note que le premier semestre de l’année 2010 a été marqué, dans la ville de Kinshasa, par un rythme accéléré des travaux d’infrastructures inscrits dans le cadre des cinq chantiers de la République. Après le carnaval de réception d’engins destinés à la réalisation de ces travaux, non seulement à Kinshasa, mais aussi dans l’ensemble du pays, les Kinois ont été les témoins privilégiés de la transformation progressive de l’image de la ville qui, depuis lors, revêt de plus en plus sa plus belle robe. Au-delà de l’objectif de réhabilitation des infrastructures et de la lutte contre l’insalubrité ambiante, la vision du chef de l’Etat que véhicule ces cinq chantiers est de moderniser toutes les infrastructures afin d’inscrire nos villes, à commencer par la capitale-miroir de la RDC, au tableau des villes attractives dans le monde.
Forum des As rapporte que face aux limites avérées des gestionnaires de la capitale, les Kinois pensent que le chef de l’Etat devrait tirer ses conclusions et reprendre l’initiative comme il l’a fait à l’approche du 30 juin.

 

Sous le titre : cimetière de Kinsuka, « Les morts traqués ! », Le Phare rapporte qu’une situation insoutenable prévaut depuis plusieurs mois au cimetière de Kinsuka. Il s’agit de la pratique consistant à profaner les tombes, en les éventrant tout bonnement et en éliminant tout ce qui est de nature à rappeler leur existence. Une fois toutes les traces d’une sépulture effacées, il s’ensuit l’émergence d’une parcelle de terre, prête à accueillir une construction.
Au centre de cette opération se trouvent des chefs coutumiers et des éléments en uniforme, qui vendent aux tiers des espaces couverts par des documents délivrés par eux-mêmes, comme titres de propriété provisoire, en attendant ceux de la commune de Mont-Ngafula.

(Tout ceci ne fait que souligner la nécessité de ramener Kinshasa  à des proportions raisonnables et de doter la RDC d’une capitale centrale. NdlR)

Est

L’insécurité au Nord-Kivu inspire la manchette du Potentiel qui fait état d’une « pression sur le dernier verrou. » Il note qu’une fois encore, tous les projecteurs de l’actualité sont braqués sur l’Est de la RDC où l’insécurité, particulièrement dans le Nord-Kivu, a repris droit de cité.
Ce regain des tensions a une explication : la fragilisation des groupes de résistance au vieux projet de balkanisation de la RDC. Jusque à quand résistera le dernier verrou du Nord-Kivu, cible des attentats perpétrés ces derniers jours dans la province ? Le gouvernement a le devoir d’agir, souligne le Potentiel.

 

Toujours à propos de l’Est, il faut signaler la publication, dans Le Climat Tempéré, du rapport intégral sur la catastrophe de Sange. Celui-ci est également disponible sur http://www.congoforum.be/fr/nieuwsdetail.asp?subitem=3&newsid=169196&Actualiteit=selected

 

 

 

Les groupes armés de RDCongo visés par la réforme de Wall Street

WASHINGTON (AFP) - 16.07.2010 18:06

La réforme de Wall Street, bientôt promulguée par le président américain Barack Obama, contient une disposition visant à couper les vivres aux groupes armés qui s'enrichissent grâce au commerce de métaux servant à fabriquer des produits de haute technologie.

voir_le_zoom : Mine de cuivre à Kolwezi dans le Katanga le 3 mars   2010

Mine de cuivre à Kolwezi dans le Katanga le 3 mars 2010

La réforme de Wall Street, bientôt promulguée par le président américain Barack Obama, contient une disposition visant à couper les vivres aux groupes armés qui s'enrichissent grâce au commerce de métaux servant à fabriquer des produits de haute technologie.

AFP/Archives - Gwenn Dubourthoumieu

voir_le_zoom : Cuivre en fusion dans une usine de Lubumbashi en   RDCongo le 18 mai 2010Cuivre en fusion dans une usine de Lubumbashi en RDCongo le 18 mai 2010

Le projet de loi exige de la part des entreprises qui font des affaires en République démocratique du Congo (RDC) et dans les pays voisins qu'elles déclarent aux autorités américaines où elles acquièrent l'oxyde d'étain, le coltan, la wolframite et l'or.

AFP/Archives - Gwenn Dubourthoumieu

La réforme de Wall Street, bientôt promulguée par le président américain Barack Obama, contient une disposition visant à couper les vivres aux groupes armés qui s'enrichissent grâce au commerce de métaux servant à fabriquer des produits de haute technologie.

La mesure, insérée dans la masse de plus de 2.300 pages du projet de loi de réforme financière adopté jeudi au Congrès, prévoit de tenter d'enrayer le commerce de quatre minerais utilisés notamment pour la fabrication de téléphone cellulaires.

"Les Congolais ont trop longtemps été des pions dans la lutte sanglante entre groupes armés, qui ont financé leurs violentes campagnes de terreur avec le produit d'une activité minière illicite", a déclaré jeudi le représentant démocrate Howard Berman, président de la commission des Affaires étrangères de la Chambre des représentants.

Le projet de loi exige de la part des entreprises qui font des affaires en République démocratique du Congo (RDC) et dans les pays voisins qu'elles déclarent aux autorités américaines où elles acquièrent l'oxyde d'étain, le coltan, la wolframite et l'or.

Le texte réclame également de la part de ces entreprises qu'elles conduisent de audits réguliers pour s'assurer qu'elles ne contribuent pas directement ou indirectement à un conflit armé.

En outre, il appelle le département d'Etat à élaborer une nouvelle stratégie pour traiter la question du commerce illicite de minerais et les liens avec les groupes armés.

A l'inverse des diamants, ces minerais ne peuvent être testés chimiquement pour déterminer leur provenance, ce qui complique la lutte contre ce genre de commerce.

L'est de la RDC a connu une série de conflits depuis les années 1990. L'exploitation des ressources du pays par des factions armées a été dénoncée régulièrement par l'ONU et les ONG.

© 2010 AFP

 

 

L'UREC présente ses vives condoléances et sa peine aux familles éprouvées d'UVIRA,

Uvira: 200 morts après incendie d’un camion citerne à Sange

sudkivu

Le territoire d'Uvira, Sud-Kivu, est dans la consternation

Le bilan provisoire de l’incendie d’un camion citerne survenu à Sange en territoire d’Uvira, vendredi vers 18 heures (heures locales), fait était de 199 morts, 212 blessés ainsi que de plusieurs biens et habitations calcinés. C’est ce qu’ont annoncé, samedi matin, les autorités provinciales du Sud-Kivu. 

Le camion accidenté revenait de Tanzanie et transportait du carburant sur l’axe Kamanyola-Uvira. 

Il s’est  renverse  en plein centre de la cité de Sange. 

Selon le chef de la cite et la police de roulage sur place, plusieurs habitants se sont alors précipités sur le camion citerne pour soutirer le carburant. 

Et delà est parti l’incendie, dont l’origine n’est pas connue. 

Le camion a tout de suite pris feu et l’incendie a progressé brûlant tout sur son passage, à l’entrée de la cité et du marche de Sange.

Après l’incident, le chauffeur a été blessé; mais il a pu se sauver selon le gérant de la société GINKI, propriétaire de ce camion.

Plusieurs autres blessés ont pu être acheminés à l’hôpital de Sange et d’autres à Uvira.

Donc, le bilan provisoire fait état de 199 morts, dont:

  • 98 hommes,
  • 33 femmes et
  • 57 enfants 

En plus de cela, 212 blessés ont été conduits dans les formations sanitaires de Sange et de Uvira. 

Le camion citerne continuait à brûler jusqu’à ce samedi matin.

Le feu a embrasé un rayon de plus de 100 mètres, selon les mêmes sources.

Copyright Radio Okapi

 

Département d'État
Bureau du porte-parole
Le 30 juin 2010

Déclaration de la secrétaire d'État
Hillary Clinton

Le 50e anniversaire de l'indépendance de la République démocratique du Congo

Au nom du président Obama et du peuple des États-Unis, j'adresse mes félicitations au peuple de la République démocratique du Congo (RDC) à l'occasion du cinquantième anniversaire de son indépendance ce 30 juin.

Le peuple congolais a fait preuve d'une force et d'une souplesse d'esprit remarquables, face à une multitude d'épreuves. Ainsi que je l'ai déclaré lors de ma visite l'an dernier, les États-Unis souhaitent inaugurer une nouvelle ère de partenariat avec la RDC et avec le peuple congolais.

Nous sommes prêts à coopérer avec vous en vue d'encourager le développement durable, d'endiguer la corruption, d'améliorer la gouvernance, de former une armée plus professionnelle et d'éliminer le fléau terrible de la violence sexospécifique.

Cependant, l'avenir de votre pays reste entre vos mains. Nous vous encourageons à consolider les fondements de la démocratie que vous avez déjà posés et à continuer d'oeuvrer en vue d'apporter la paix et la stabilité à votre pays et à l'ensemble de la région.

En cet anniversaire, je réaffirme notre confiance dans la promesse du peuple congolais et dans les perspectives d'un avenir meilleur.

Au Congo, anniversaire au cœur des ténèbres



Sur le planisphère des atteintes aux droits de l'homme, l'immense République démocratique du Congo (RDC, ex-Zaïre, cinq fois la France) clignote en rouge au coeur du continent africain. Cinquante ans après avoir accédé à l'indépendance, l'ancien Congo belge symbolise de façon dramatique la spirale régressive qui a emporté nombre d'Etats africains au cours de ce demi-siècle postcolonial. La célébration en grande pompe de ce jubilé, mercredi 30 juin à Kinshasa, quatre jours après les obsèques de Floribert Chebeya, président de l'association La Voix des sans-voix, figure de la société civile congolaise probablement étranglé sur ordre ou avec la complicité des autorités, a revêtu un aspect tragiquement ubuesque. Le président congolais Joseph Kabila, en appelant ses concitoyens à engager une "révolution morale" et à "punir sans complaisance" l'"atteinte à la vie et à la dignité humaine", le "favoritisme" et le "détournement des deniers publics", a fait l'éloge de toutes les vertus qu'il est le premier à bafouer.

En 2006, la première élection présidentielle libre depuis l'indépendance a soulevé d'immenses espoirs après trente-deux ans de dictature Mobutu et dix de guerres. Quatre ans plus tard, ce pays de 70 millions d'habitants est en proie à un "enlisement de (son) projet démocratique", selon l'euphémisme de Louise Arbour, présidente de l'organisation International Crisis Group. Loin de s'être imposé, l'Etat montre sa faiblesse face aux milices qui terrorisent et violent à grande échelle dans l'est du pays. Kinshasa continue de fermer les yeux, voire de participer au pillage des fabuleuses ressources minières, en signant des contrats léonins avec des sociétés étrangères et en se montrant incapable de percevoir des taxes. Miracle géologique, le Congo, l'un des pays les plus pauvres du continent, est aussi classé avant-dernier au classement de la Banque mondiale pour son exécrable "climat des affaires".

Le projet caressé par M. Kabila de "revisiter" la jeune Constitution afin d'augmenter le nombre et la durée des mandats présidentiels nourrit d'autres doutes sur l'évolution du pays. La multiplication des persécutions et des meurtres de militants des droits de l'homme et de journalistes parachève ce tableau détestable. Menaces par SMS, agressions, arrestations arbitraires, mais aussi actes de torture font partie des exactions régulièrement dénoncées par Amnesty International.

Elles visent des militants dénonçant la pauvreté ou l'implication des forces de l'ordre dans l'extraction minière, ainsi que des journalistes d'investigation, dont six ont été tués en cinq ans.

Les Etats occidentaux, qui ont soutenu l'élection de Joseph Kabila, doivent dénoncer les dérives de leur protégé et l'enlisement d'un pays stratégique, qui risquent de faire tache d'huile dans une Afrique centrale à peine convalescente. Au silence assourdissant du roi des Belges devrait répondre la vigilance de l'Union européenne et des Etats-Unis, bailleurs de fonds vitaux et premiers bénéficiaires des richesses du sous-sol congolais.

Article paru dans l'édition du 02.07.10

 

Temoignage sur la vie de

Monsieur Floribert CHEBEYA BAHIZIRE

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Communiqué de presse

L’Union pour la Reconstruction du Congo suit de très près l’évolution du dossier initié par le pouvoir judiciaire suite à l’assassinat de Monsieur Floribert CHEBEYA BAHIZIRE, Directeur Exécutif de l’organisation «La Voix des Sans Voix», «VSV» en sigle, dont le corps sans vie a été découvert le 02 juin dernier à Mitendi dans la périphérie de Kinshasa.

Outre les condoléances et la dénonciation de ce meurtre par la direction de notre parti présentées dans le communiqué de presse antérieur daté du 04 juin dernier, l’UREC voudrait partager la profonde douleur qu’éprouve cette famille en ce moment, mais aussi adresser ses condoléances les plus attristées à la famille de Monsieur Fidèle BAZANA EDADI, compagnon de lutte de M. CHEBEYA frappé au même moment que lui et dont le corps n’avait pu être retrouvé.

Compte tenu de la gravité de tous ces faits et de leur implication négative ...

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La revanche des victimes

Par Colette Braeckman

Les tortionnaires ne s’y feront jamais : il arrive que certaines de leurs victimes, celles auxquelles on ne s’attendait pas, soudain leur échappent et se transforment en héros.
Alors que de leur vivant, l’audience dont jouissaient ces militants se mêlait parfois d’embarras, que leur radicalité, leur intransigeance dérangeait, y compris certains de leurs amis, la mort leur donne soudain une autre dimension. Comme si la disparition soudain conférait un sens plus large à leur combat, creusait un sillon où désormais pouvaient s’écouler les révoltes silencieuses, les chagrins muets causés par tant d’autre morts jamais vraiment élucidées…
Ces morts là ne pèsent pas seulement sur la conscience de leurs bourreaux, ils inspirent le courage de leurs disciples. De ces héros là, dont le souvenir a survécu au destin de leurs tortionnaires, l’Afrique n’est pas avare. Voyez le premier d’entre eux, Patrice Lumumba : ceux qui, au Katanga, jetèrent son corps supplicié sur le camion qui l’emmenait vers la brousse où on allait l’achever, pouvaient ils se douter de la ferveur qu’un demi siècle plus tard il susciterait encore ? Et les Burkinabé, qui massacrèrent Sankara et éliminèrent le journaliste Norbert Zongo savaient ils que le souvenir de ces deux hommes allait galvaniser des générations entières? Que, durant des décennies, le fantôme des sacrifiés allait demander des comptes au pouvoir en place, l’empêcher, malgré ses succès, de dormir en paix ?
Faut-il rappeler la mémoire de Steve Biko, ce militant noir qui fut torturé par la police de l’apartheid et jeté par la fenêtre du commissariat central de Johannesbourg ? Dans les townships à l’époque, Biko, plus radical que les militants de l’ANC et qui défendait le pouvoir noir, ne faisait pas l’unanimité. Mais qui se souvient aujourd’hui de ces divergences ? Ce que l’on retient, c’est que le corps brisé de Biko est devenu un symbole, que sa disparition a contribué à précipiter la fin du système. Dans tous ces cas, les tortionnaires croyaient que leur violence servait la raison d’Etat. En réalité, le martyre de leurs victimes n’illustrait que l’état de déraison de groupes d’hommes accrochés au pouvoir.
Floribert Chebeya est de ceux là, héros malgré lui, martyr en dépit de la prudence qui lui avait permis de survivre, victime expiatoire, tombée malgré les soutiens et les financements internationaux dont il bénéficiait, sacrifié sur l’autel de la déraison de l’Etat et de la bêtise des hommes.
Ses bourreaux, qui se croyaient puissants et protégés, n’ont jamais imaginé que ce petit homme tenace était en réalité plus fort qu’eux et que même souillé, abandonné au fond de sa voiture, il finirait par les vaincre. Parce que sa force, il la tenait de ce long martyrologue qu’est l’histoire du Congo, de ces millions de voix mortes qu’il refusait de livrer au silence et pour lesquelles il réclamait que la vérité un jour soit dite…

 

Extrait du Blog de Colette Braeckman du Quotidien Le Soir

 

 

Carte de la RDCCarte de la République Démocratique du Congo

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Jeudi 9 fevrier 2012  

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