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Le Président
Allocution du Président National de l’UREC, Dr Oscar KASHALA LUKUMUENA, à l’occasion de la célébration du Cinquantenaire de l’Indépendance de la République Démocratique du Congo
Mes Très chers Compatriotes,
Mesdames et Messieurs,
Il y a de cela 50 ans, soit un demi-siècle, compté jour pour jour, notre pays accédait à la souveraineté nationale. A cette occasion, nous sentons en nous-mêmes, un devoir patriotique de rendre un hommage mérité à tous les pionniers de cette œuvre, tant à ceux qui sont glorifiés par notre histoire qu’à ceux qui ont tout fait, tout donné, jusqu’au sacrifice suprême, mais demeurent inconnus à ce jour.
Qu’il s’agisse de ces 200 morts de la commune de Kalamu abattus à Léopoldville par les forces coloniales le 04 janvier 1959 ; qu’il s’agisse d’innombrables autres victimes de Luluabourg, de Kisangani ou du Katanga, qu’il s’agisse des politiciens cruellement sacrifiés sur l’autel ignoble de la trahison des intérêts suprêmes de notre nation, et dont le plus célèbre Patrice Emery Lumumba et ses compagnons, il est aujourd’hui très important que toute la nation sache qu’elle leur doit à cet instant une dette éternelle dont la hauteur restera à jamais inestimable. L’histoire glorieuse de notre pays retiendra en mémoire ces sacrifices et leur sens réel pour les générations futures, pour nos enfants et leurs petits-enfants.
Dans la lutte qui déboucha sur l’obtention de cette souveraineté nationale, les pères de notre indépendance avaient un rêve commun, une vision centrée sur le développement du Congolais et de notre pays, vision centrée autour de l’unité nationale, une fierté nationale, et le sens d’une marche commune vers le firmament, pour bâtir un pays plus beau qu’avant, dans la paix. Les ingrédients requis pour l’atteinte de cet objectif noble étaient : le sens du sacrifice, l’altruisme, la fraternité et la concorde nationale ; la justice pour tous et un sens poussé de la valeur du travail ardu pour de meilleurs lendemains.
Qu’a-t-on fait de ce rêve, 50 ans après notre première libération du joug colonial ? Pour parler en toute franchise, 50 ans après notre indépendance, nous avons détruit ce rêve de façon insidieuse, nous avons déraciné et jeté au feu l’espoir de tout un peuple en un avenir meilleur, qu’il mérite ; nous avons mis notre cher pays, la RDC et son peuple en geôle, et les avons dépouillés de tous leurs avoirs.
La République démocratique du Congo est aujourd’hui un géant agonisant au cœur de l’Afrique, et dont le potentiel de développement subit continuellement des érosions massives tant sur le plan de la viabilité du pays que celui de la vie de ses citoyens. Les chiffres récents sur divers indicateurs de performance dans le domaine de la gouvernance, des investissements, et celui du développement humain sont ahurissants et projettent une fresque économique et sociale sombre qui couvrira plus de 50 ans dans l’avenir.
Les conséquences immédiates de cette dégradation socioéconomique sont une paupérisation massive cruelle, une mortalité excessive évitable, la médiocrité et la dégradation constante et croissante du système de formation scolaire et académique, - lequel système est incapable de produire une propriété intellectuelle compétitive acceptable -, les assauts frénétiques contre l’environnement ont des conséquences inestimables, notamment en termes de disparition des espèces animales et végétales rares, et de la destruction lente et pernicieuse de la biodiversité, génératrice potentielle de crises climatiques graves et incontrôlables.
La question fondamentale que l’on se pose tourne autour des causes profondes de ce paradoxe qui existe dans cette observation d’un pays qui regorge de ressources naturelles et humaines énormes, capables de le propulser au sommet des pays développés, mais dont la stature dans le concert des nations est négligeable du fait de l’absence de développement durable tangible. Subsidiairement, une autre question tourne autour de la responsabilité et des devoirs du peuple devant un pouvoir prédateur, capricieux et dictatorial.
Point n’est besoin de rappeler à nous tous que le doigt pointé vers le colonisateur comme indice de nos malheurs actuels devra être pointé dans une nouvelle direction, vers le lot de nos concitoyens, les fils et filles perdus de la république qui scelle le sort dans notre peuple, le condamnant ainsi a mort du fait de la pauvreté massive qui s’est installée dans notre pays.
Au sommet de l’État, les attributs qui caractérisent un leadership effectif sont nombreux et sa qualité et sa valeur dépendent de la vision que l’on développe, des objectifs que l’on se fixe et des résultats que l’on attend. Trois traits fondamentaux caractérisent un leadership « plurivalent ». Il s’agit notamment de la qualité des hommes, de la force de leur caractère, et du poids accordé a la compassion humaine.
S’il est établit de façon incontestable que les divers leaderships politiques qui se sont succédés en RDC depuis son indépendance n’avaient pas réussi à réunir toutes les trois conditions requises pour une conduite efficace des affaires de l’État, il est tout aussi vrai que le leadership politique qui existe au sommet de l’État Congolais, aujourd’hui, est non seulement l’un des plus faibles que le pays ait jamais connu, mais également l’un des plus cruels et des plus irresponsables, car s’étant établi comme tortionnaire du peuple, en usant des méthodes et tactiques dont l’ossature est soutenue par une doctrine anti-démocratique reminiscente du nazisme, et une idéologie du chacun pour soi, violant ainsi les dispositions énoncées dans la Constitution de 2006, et tous les chartes, conventions, accords et autres instruments auxquels notre pays a souscrit pour garantir la jouissance effective des droits de l’homme et du peuple.
Aujourd’hui, un débat citoyen s’est installé au cœur de la nation pour savoir si oui ou non, il fallait fêter cet événement au regard du bilan de ces 50 ans de gestion du pays par ses fils.
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