Chaque jour et pendant 50 jours, replongez-vous dans nos archives du Congo avec un guide exceptionnel : Frédéric François, qui a suivi de près, comme journaliste, la petite et la grande histoire du Congo et du Zaïre.
Quel est le pays africain où, de façon plus générale encore, quel est le pays de ce que l'on appelait le "Tiers Monde" que l'on peut classer parmi les démocraties classiques c'est-à-dire bâties sur le système occidental. Parce que, comme toujours, nous partons du principe que notre système est le meilleur et que donc, pour tout pays, le nec plus ultra est de l'appliquer à la lettre.
A ce titre il va de soi que le Congo n'est pas encore une démocratie, ni pour ce qui concerne le niveau de vie de ses habitants, ni pour ce qui est du respect des droits de l'homme.
Toujours est-il que neuf ans après le départ de Mobutu, des élections libres ont enfin lieu au Congo et que, de l'avis des observateurs étrangers, elles se sont déroulées régulièrement. Comme dans toute campagne électorale, il y a eu des promesses. Ont-elles été respectées ? Myriam Lanotte et Bernard Lepla ont accompli un périple au Congo fin 2007, début 2008. Voici de larges extraits de leur reportage :
De l'espoir ? Le peuple congolais, infatigable, ne vit que d'espoirs depuis 50 ans. D'espoirs déçus et toujours renaissants. Maintenant, cela ressemble au début de l'ère Mobutu. Le leitmotiv "retroussons nos manches" est devenu "personne ne nous aidera mieux que nous-mêmes". Le peuple commence à connaître la chanson.
Isolement et donc privations dans la brousse et dans les villes moyennes. Anarchie économique dans les régions riches comme le Katanga où suite aux accords intervenus avec la Chine, les Chinois envahissent tout, avec leur main d'œuvre, sans se préoccuper de la légalité de leurs exploitations ni des impôts à payer. On se souvient du film très récent de Thierry Michel, passé sur grand écran qui illustrait fort bien cette situation.
Mais il y a plus grave, à l'Est, dans le Kivu, malgré tous les accords intervenus et le retrait des troupes étrangères, la guerre continue et fait des dizaines de milliers de victimes parmi la population civile ; tués, blessés, femmes violées, réfugiés. La guerre dans toute son horreur.
Le pillage des ressources, la corruption, l'insécurité, les conditions de vie très difficiles des populations : c'est la situation qu'en 2008, Karel De Gucht, alors ministre des Affaires étrangères a dénoncé en termes peu diplomatiques, ce qui, comme sous l'ère Mobutu, a provoqué de très sérieuses perturbations des relations belgo-congolaises. Mais tout est rentré dans l'ordre puisque, après bien des tergiversations, le gouvernement a autorisé le Roi à se rendre à Kinshasa le 30 juin, rehausser de sa présence le cinquantième anniversaire de l'indépendance.