COMMUNIQUÉ DE PRESSE
«L’UREC dénonce avec fermeté les résolutions prises lors de la dernière réunion dite interinstitutionnelle relatives à la révision constitutionnelle et à la modification de la loi électorale au profit de l’actuel Président de la République car visant à instaurer un régime autocratique en RDC»
L’Union pour la Reconstruction du Congo (UREC) condamne avec force la volonté manifestée par le Président de la République en collaboration avec une frange des politiciens acquis à sa solde d’initier une procédure de révision constitutionnelle et de la loi électorale.
Pareil projet, déjà désavoué par l’opposition parlementaire et la société civile, et formellement interdit dans notre Constitution, est assimilé à "un coup de force", car juridiquement "en contradiction avec les prescrits de l’article 220 de la Constitution de la République démocratique du Congo" ; Lequel article 220 stipule : « La forme républicaine de l’Etat, le principe du suffrage universel, la forme représentative du Gouvernement, le nombre et la durée des mandats du président de la République, l’indépendance du pouvoir judiciaire, le pluralisme politique et syndical, ne peuvent faire l’objet d’aucune révision constitutionnelle. Est formellement interdite toute révision constitutionnelle ayant pour objet ou pour effet de réduire les droits et libertés de la personne, ou de réduire les prérogatives des provinces et des entités territoriales décentralisées »
En plus, le constituant avait jugé nécessaire de répéter l’interdiction. En effet, cette interdiction apparaît formellement au point 4 des motifs constitutionnels, et est reprise dans le corps de la Constitution à l’article 220 précédemment cité.
En répétant ainsi l’interdiction, fait extrêmement rare dans une Constitution, le Constituant a voulu marquer de manière claire, univoque et sans ambiguïté la défense absolue de réviser les matières concernées par l’article 220.
Pour l’UREC, réviser ces éléments fondamentaux de la Constitution, aura comme effet de toucher à ses ressorts internes, modifier substantiellement son économie et provoquer un déséquilibre des pouvoirs au profit du système actuellement aux affaires en RDC. Ce qui techniquement nous fera passer à une République différente, donc à la quatrième République.
Pour l’UREC, persister dans cette logique plutôt que promouvoir l’installation d’une démocratie apaisée ouvrirait donc la porte à l’instabilité des institutions démocratiques et au chaos politique qui viendront inéluctablement cohabiter à la misère que subit quotidiennement le peuple congolais. Une démarche qui anéantira les espoirs d’un avenir meilleur et radieux de tout un peuple qui s’est vaillamment battu au prix du sacrifice suprême, depuis bientôt trois décennies pour l’instauration d’un État de droit et pour la démocratie.
L’UREC invite le Président de la République, son gouvernement ainsi que tous les corps constitués de la République Démocratique du Congo, à consacrer d’abord toutes leurs énergies pour répondre aux besoins vitaux et sociaux du peuple Congolais, et pour consolider les acquis de notre jeune démocratie. Ce, sur base du mandat que le souverain primaire leur a conféré par la voie des urnes en 2006, ainsi que par leur propre programme de gouvernance dit des « 5 chantiers », dont les résultats significatifs sont à ce jour attendus par le peuple congolais.
L’UREC exhorte le Président de la République et son gouvernement à éviter de gaspiller, une fois de plus, inutilement leur temps en se fixant de nouvelles priorités de gouvernance les conduisant à dériver sur un « sixième chantier » par des subtils stratagèmes leur permettant de se maintenir au pouvoir contre la volonté populaire au terme de leur mandat constitutionnel.
L’UREC invite la Communauté internationale, à l’instar de ce qui s’est passé au Niger lors de la modification de la Constitution, à considérer le pouvoir en place non constitutionnel et infréquentable, si pareil projet se concrétisait en RDC.
L’UREC invite enfin le peuple congolais à doubler de vigilance et à barrer la route à toute tentative d’instauration d’un régime autocratique. Ce peuple a inlassablement œuvré, et a enduré des souffrances injustes et des humiliations profondes, pour faire éclore la démocratie.
Fait à Kinshasa, le 02 Avril 2010 ;
Le Président de l’Union pour la Reconstruction du Congo
Prof. Dr Oscar KASHALA LUKUMUENA
(M.D., DSc., PhD.)

Carte de la République Démocratique du Congo
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